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Tome premier.
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35/J RÉPONSE AUX LETTRES ANONYMES

aiment, parce qu’ils sont hommes, confessent dela sorte, entretiennent tête à tête, visitent, parcequ’ils sont prêtres, et n’épousent point, parceque le pape s’y oppose. Le pape leur pardonnetout, excepté le mariage, voulant plutôt un prê-tre adultère, impudique, débauché, assassin,comme Mingrat, que marié. Mingrat tue sesmaîtresses ; on le défend en chaire : ici on prêchepour lui; là, on le canonise. S’il en épousait une,quel monstre ! il ne trouverait d’asile nulle part.Justice en serait faite bonne et prompte , commedu maire qui les aurait mariés. Mais quel maireoserait?

Réfléchissez maintenant, monsieur, et voyezs’il était possible de réunir jamais en une mêmepersonne deux choses plus contraires que l’em-ploi de confesseur et le vœu de chasteté; queldoit être le sort de ces pauvres jeunes gens, entrela défense de posséder ce que nature les forced’aimer, et l’obligation de converser intimement,confideminent avec ces objets de leur amour; sienfin ce n’est pas assez de cette monstrueuse com-binaison pour rendre les uns forcenés, les autres,je ne dis pas coupables, car les vrais coupablessont ceux qui, étant magistrats, souffrent que dejeunes hommes confessent de jeunes filles , maiscriminels, et tous extrêmement malheureux. Jesais là-dessus leur secret.

J’ai connu à Livourne le chanoine Fortini, qui