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Tome premier.
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ADRESSÉES A PAUL-LOUIS COURIER. 355

peut-être vit encore, un des savans hommes d’I-talie , et des plus honnêtes du monde. Lié aveclui d’abord par nos études communes , puis parune mutuelle affection, je le voyais souvent, etne sais comme un jour je vins à lui demanders’il avait observé son vœu de chasteté. Il me l’as-sura, et je pense qu’il disait vrai en cela commeen toute autre chose. Mais, ajouta-t-il, pour passerpar les mêmes épreuves, je ne voudrais pas reve-nir à l’âge de vingt ans. Il en avait soixante et dix.J’ai souffert, Dieu le sait, et m’en tiendra compte,j’espère; mais je ne recommencerais pas. Voilà cequ’il me dit, et je notai ce discours si hien dansma mémoire, que je me rappelle ses propresmots.

A Rocca di Papa, je logeais chez le vicaire oùje tombai malade. Il eut grand soin de moi, etprit cette occasion pour me parler de Dieu, au-quel je pensais plus que lui et plus souvent, maisautrement. Il voulait me convertir, me sauver,disait-il. Je l’écoutais volontiers; car il parlaittoscan, et s’exprimait des mieux dans ce divinlangage. A la fin je guéris; nous devînmes amis;et, comme il me prêchait toujours, je lui dis :Cher abbé, demain je me confesse, si tu veux temarier et vivre heureux. Tu ne peux l’être qu’a-vec une femme, et je sais celle qu’il te faut. Tula vois chaque jour, tu l’aimes, tu péris. Il me mitla main sur la bouche, et je vis que ses yeux se