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Tome premier.
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356 RÉPONSE AUX LETTRES ANONYMESremplissaient de pleurs. J’ai ouï conter de lui de-puis des choses fort étranges, et qui me rappelè-rent ce qu’on lit d’Origènes.

Voilà où les réduit le malheur de leur état.Mais pourquoi, me direz-vous, quand on est sus-ceptible de telles impressions, se faire prêtre?Eh ! monsieur, se font-ils ce qu’ils sont? Dès l’en-fance , élevés par la milice papale, séduits, onles enrôle; ils prononcent ce vœu abominable,impie, de n’avoir jamais femme, famille, ni mai-son ; à peine sachant ce que c’est, novices, ado-lescens, excusables par là; car un vœu de la sorte,celui qui le ferait avec une pleine connaissance,il le faudrait saisir, séquestrer en prison, ou re-léguer au loin dans quelque île déserte. Ce vœufait, ils sont oints, et ne s’en peuvent dédire; quesi l’engagement était à terme, certes peu le re-nouvelleraient. Aussitôt on leur donne filles,femmes à gouverner. On approche du feu lesoufre et le bitume; car ce feu a promis, dit-on ,de ne point brûler. Quarante mille jeunes gensont le don de continence pris avec la soutane,et sont dès-lors comme n’ayant plus ni sexe nicorps. Le croyez-vous? De sages il en est; si sagese peut dire, qui combat la nature. Quelques-unsen triomphent. Mais combien, au prix de ceuxque la grâce abandonne dans ces tentations? Lagrâce est pour peu d’hommes, et manque mêmeau plus juste. Comment auraient-ils, eux, ce don