Band 
Tome premier.
Seite
361
JPEG-Download
 

GAZETTE 1HJ VILLAGE.

36i

Voilà la nouvelle des champs. Après un rudehiver et trois mois de fâcheux temps, pendantlesquels on n’a pu faire charrois ni labours ,l’année s’ouvre enfin, les travaux reprennent leurcours.

— Charles Avenet est en prison pour avoir parléaux soldats. Revenant hier de Sainte-Maure , ilrencontra quelques soldats et les mena au ca-baret. Ils furent bientôt bons amis ; Avenet aservi long-temps. Il est membre, non chevalierde la Légion-d’honneur. En buvant bouteille :Camarades, leur dit-il, qu’il ne vous déplaise, oùallez-vous le sac au dos? A l’armée, dirent cesjeunes gens. Fort bien ; et demandant une se-conde bouteille: Qu’allez-vous faire? Eh! mais, laguerre apparemment. Fort bien, répond Avenet.A la troisième bouteille : Çà , dites-moi,pour quiallez-vous faire la guerre? Ils se mirent à rire. Onparla des affaires. Deux gendarmes étaient làqui, connaissant Avenet, l’appellent et lui disent :Va-t’en, Avenet ; va-t’en. Il les crut, s’en alla, lesgendarmes aussi. Mais il revint bientôt, rejoi-gnit ses convives et reprit son propos. Alors onl’arrêta. C’étaient d’autres gendarmes. On l’a misau cachot. Le cas est grave. Il a dit ce qui se ditentre soldats après trois bouteilles bues.

— Les vaches ne se vendent point. Les fillesétaient chères à l’assemblée de Véretz , les gar-çons hors de prix. On n’en saurait avoir. Tous et