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Tome premier.
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GAZETTE DU VILLAGE.

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des Espagnes. Que demain on l’en chasse, il nousembrassera, touchera dans la main, amis commedevant. D’un jour à l’autre il change, et du soirau matin est affable ou brutal. Cela ne peut du-rer ; on attend des nouvelles, et, selon la tour-nure que prendront les affaires, on élargira la pri-son ou les prisonniers.

— Pierre Moreau et sa femme sont morts âgésde vingt-cinq ans. Trop de travail les a tués ainsique beaucoup d’autres. On dit travailler commeun nègre, comme un forçat; il faudrait: travaillercomme un homme libre.

— Milon fut quatre ans en prison pour sonopinion, au temps de 181 5 ; sa femme, cependant,et sa fille moururent; il en sortit ruiné, corrigénon; son opinion est la même qu’auparavant,ou pire. Ce qu’il n’aimait pas , il l’abhorre à pré-sent. Ils sont dans la commune dix mal pensansque le maire fit arrêter un jour, et qui souffrirentlong-temps; en mémoire de quoi, tous les ans,le a mai, ils font ensemble un repas. On n’yboit point à la santé du maire ni du gouverne-ment. Le 2 mai, cette année , ils étaient chezBourdon , à l’auberge du Cygne, et, leur banquetfini, déjà se levaient de table, quand le mairepassant, Milon qui l’aperçut le montra aux au-tres ; chacun se mord le bout du doigt. Quelquesmomens après, soit hasard ou dessein, survintle garde-champêtre. Milon, sans dire gare, tombe