Band 
Tome premier.
Seite
364
JPEG-Download
 

GAZETTE DU VILLAGE.

364

sur lui , le chasse à coups de pied , de poing , etle poursuit dehors, l’appelant espion, mouchard.Celui-là s’en allait mal mené du combat ; arriveMétayer ou monsieur Métayer, car il a terre etvigne. Milon va droit à lui : Etes-vous royaliste?Oui, répond Métayer. L’autre, d’un revers demain, le jette contre la porte et voulait redou-bler ; mais l’hôte le retint. Voilà une grosse af-faire. Milon se cache et fait bien. Les battus ce-pendant n’ont point porté de plainte; l’un gardeson soufflet, l’autre ses horions. Le maire ne ditmot. Qu’en sera-t-il? on ne sait. Il faut voir ceque fera notre armée en Espagne pour les révé-rends pères jésuites.

—- Le curé d’Azai, jeune homme qui empêchede danser et de travailler le dimanche , est bienavec l’autorité , mais mal avec ses paroissiens. Ilperd deux cents francs de la commune , que leconseil assemblé lui retire cette année; résolutionhardie, presque séditieuse. Ceux qui l’ont pro-posée , soutenue et votée , pourront ne s’en pasbien trouver. A Véretz, au contraire, on donneun supplément au curé qui laisse danser, brouilléavec l’autorité. Les deux communes pensent demême. Rien ne fait tant de tort aux prêtres quel’appui du gouvernement : rien ne les recom-mande comme la haine du gouvernement.

— Simon Gabelin, ne voulant point aller à l’ar-mée , a vendu tout son bien pour acheter un