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GAZETTE DU VILLAGE.
— Paul-Louis, sur les hauts de Véretz, faitdes choses admirables. C’est le premier hommedu monde pour terrasser un arpent de vigne. Ilamène, d’un bois non fort voisin de là, cinq centscharges de gazon ou terre de bruyère. Il la laissemûrir à l’air, de temps en temps la vire, la remueavec cent ou cent cinquante charges de fumierqu’il entremêle parmi. Puis , ouvrant une fosseentre deux rangs de ceps , il y place ce terreau;sa vigne, au bout de deux ans, jeune d’ailleurs,et n’ayant besoin que d’alimens, se trouve enpleine valeur. Ainsi amendé, un arpent, pourvuqu’on l’entretienne avec soin, diligence, patience,peine et travail, produit au vigneron cent cin-quante francs par an , et de plus treize cents francsaux fainéans de la cour. Le compte en est aisé.
Cet arpent donne quelquefois vingt-quatrepièces ou poinçons de vin aux bonnes années,quelquefois rien : produit moyen , douze poin-çons qui se vendent chacun soixante francs,somme, sauf erreur, sept cent vingt. Déduisezles façons, l’impôt, le coulage, l’entretien, lagarde, le coût de ce terreau qu’il faut renouvelertous les cinq ans , vous trouverez net cent cin-quante francs pour le bonhomme.
Mais pour la cour, c’est autre chose. Ces douzepoinçons vont à Paris, où l’on en fait du vin deBourgogne. Ils paient à l’entrée soixante et quinzefrancs chaque; plus six francs de remuage , taxe