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Tome premier.
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GAZETTE DU VILLAGE. 365

homme, et se fait remplacer. Il avait trois bonsquartiers de vigne et un demi-arpent de terrejoignant sa maison. Il a fait de tout dix-huit centsfrancs et emprunte le reste ( car il lui faut centlouis), espérant regagner cela par son travail demaréchal ferrant. On a eu beau lui remontrerqu’il travaillerait à l’armée, gagnerait plus qu’ici,et reviendrait un jour ayant, outre son bien,bonne somme de deniers, il ne veut point, dit-il,faire la guerre à Mabnort. Malmort est en Espa-gne avec trois cent mille hommes, cent millepièces de canon et son fils.

— A Amboise on plantait la croix dimanchepassé, en grande pompe. Monseigneur y était,non pas notre archevêque, mais le coadjuteur,tous les curés des environs et un concours despectateurs. La fête fut belle. Dans cette foule ,trois carabiniers se trouvaient en sale veste d’é-curie, bonnet de police sur la tête. Un mission-naire les voit, leur crie : Bas le bonnet. Eux fontla sourde oreille. Même cri, même contenance.Carabiniers ne s’émeuvent non plus que si oneût parlé à d’autres. Le prélat en colère arrêtesa procession ; le clergé, les dévots cessent leurslitanies. Le peuple regardait. Les gendarmes en-fin , car toute scène en France finit par les gen-darmes, empoignent mes mutins, les mènent enprison. Ils gardèrent leur bonnet. Le soldat estdu peuple et n’a point de dévotion.