GAZETTE DU VILLAGE.
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— Nous sommes douze paysans qui achetâ-mes , il y a deux ans , les terres de la Borderie,vendues par messieurs de la bande noire. Ellesnous coûtèrent deux cents francs l’arpent, quepas un de nous ne donnerait à moins de huitcents francs maintenant, et produisent bien qua-tre fois cè qu’en payait le fermier, quand il payait.Car, mourant de faim, il a mis la clef sous la porteet s’en est allé, comme on sait. Cinq familles onttrouvé logis dans les bâtimens délabrés de cetteBorderie ; chacun s’y est accommodé ; chacunnon seulement a réparé le vieux toit, mais bâtià neuf quelque grange ou quelque pressoir avecjardin, chenevière, saulaye autour de sa demeure.Voilà un village naissant qui va s’étendre et pros-pérer jusqu’à ce que le gouvernement y fasse at-tention.
— Brisson ne pouvait payer ses dettes , il s’est,jeté dans l’eau et noyé. La femme Praut, d’Azaisur Cher, et à Mont-Louis un tonnelier, en ontfait autant cette semaine, lui sans raison connue,elle parce qu’on l’accusait d’avoir volé de l’herbeaux champs. L’an passé, Jean Choiuart, fermier dela commune de Toucigny, approchant l’août, vavoir ses blés, trouve sa récolte trop belle (il avaitspéculé sur la hausse des grains), rentre chez luiet se défait. Beaucoup de gens embarrassés dansleurs affaires prennent ce parti, le seul qui nesoit pas sujet au repentir. On aime mieux main-
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