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Tome premier.
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38o GAZETTE DU VILLAGE.

qu’une sorte de gens, les vilains anoblis, enrichis,parvenus.

Il ne répondit mot et poursuivit sa chasse. Lelendemain on m’assigne comme ayant outragé lemaire dans ses fonctions ; on me met en prisondeux mois, monsieur, deux mois dans le tempsdes récoltes, au fort de nos travaux! Hors de là,je pensais reprendre ma charrue. Il me fait unprocès pour un fossé, disant que ce fossé, aulieu d’être sur mon terrain, était sur le chemin.Je perdis encore un mois à suivre ce procès, queje gagnai vraiment; mais je payai les frais. Il m’afait cinq procès pareils, dont j’ai perdu trois,gagné deux; mais je paie toujours les frais. Ils’en va temps, monsieur, il est grand temps queje parte.

Quand j’épousai Lise Baillet, il me joua d’unautre tour. Le jour convenu, à l’heure dite, nousarrivons pour nous marier à la chambre de lacommune. Il s’avise alors que mes papiers n’é-taient pas en règle, n’en ayant rien dit jusque là,et cependant la noce prête , tout le voisinage

paré, trois veaux , trente-six moutons tués., il

nous en coûta nos épargnes de plus de dix ans.Qu’y faire? il me fallut renvoyer les conviés etm’en aller à Nantes quérir d’autres papiers. Mafiancée, qui avait peur que je ne revinsse pas,étant déjà embarrassée , en pensa mourir de tris-tesse et de regret de sa noce perdue. Nous era-