DE PAUL-LOUIS , VIGNERON. OO9
— Les journaux de la cour insultent le ducd’Orléans. On le hait; on le craint; on veut lefaire voyager. Le roi lui disait l’autre jour : Ehbien'M. le duc d’Orléans, vous allez donc enItalie? — Non pas, sire, que je sache. — MonDieu si, vous y allez; c’est moi qui vous le dis,et vous m’entendez bien. — Non, sire, je n’en-tends point, et je ne quitte la France que quandje ne puis faire autrement.
— Ce d’Effiat, député en ma place, est petit-fils de Rusé d’Effiat qui donna l’eau de chicoréeà madame Henriette d’Angleterre. Leur fortunevient de là. Monsieur récompensa ce serviteurfidèle. Monsieur vivait avec le chevalier de Lor-raine, que Madame n’aimait pas. Le ménage étaittroublé. D’Effiat arrangea tout avec l’eau de chi'Corée. Monsieur, depuis ce temps, eut toujoursdu contre-poison dans sa poche, et d’Effiat le luifournissait. Ce sont là de ces services que lesgrands n’oublient point, et qui élèvent une fa-mille noble. Mon remplaçant n’est pas un hommeà donner aux princes ni poison ni contre-poi-son; il ferait quelque quiproquo. C’est une es-pèce d’imbécile qui sert la messe, et communiele plus souvent qu’il peut. Il n’avait, dit-on, quecinquante voix dans le collège électoral : ses scru-tateurs ont fait le reste. J’en avais deux cent vingtconnues.
— L’empereur Alexandre a dit à M. de Cha-