Band 
Tome premier.
Seite
427
JPEG-Download
 

PAMPHLET DES PAMPHLETS. /j 2 7

« A les entendre cependant, c’était peu de« chose, ils méprisaient les petites lettres , misé-« râbles bouffonneries , capables tout au plus« d’amuser un moment par la médisance, le scan-« dale ; écrits de nulle valeur, sans fonds, ni con-te sistance, ni substance, comme on dit mainte-« nant, lus le matin, oubliés le soir, en somme,« indignes de lui, d’un tel homme, d’un savant!« L’auteur se déshonorait en employant ainsi son« temps et ses talens; écrivant des feuilles non« des livres, et tournant tout en raillerie, au lieu« de raisonner gravement ; c’était le reproche« qu’ils lui faisaient, vieille et coutumière que-« relie de qui n’a pas pour soi les rieurs. Qu’est-il« arrivé? la raillerie , la fine moquerie de Pascala fait ce que n’avaient pu les arrêts, les édits, a« chassé de partout les jésuites. Ces feuilles si lé-« gères ont accablé le grand corps. Un pamphle-« taire, en se jouant, met en bas ce colosse craint« des rois et des peuples. La Société tombée ne« se relèvera pas, quelque appui qu’on lui prête,« et Pascal reste grand dans la mémoire des hom-« mes, non par ses ouvrages savans, sa roulette,« ses expériences, mais par ses pamphlets, ses« petites lettres.

« Ce ne sont pas les Tusculanes qui ont fait le«nom de Cicéron, mais ses harangues, vrais« pamphlets. Elles parurent en feuilles volantes ,« non roulées autour d’une baguette, à la ma-