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Tome troisième.
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l6 LETTRES INÉDITES,

Paris. Quand nos troupes vinrent en Italie, ceuxqui usèrent sans précaution des femmes et du paindu pays s’en trouvèrent très-mal. Les uns cre-vaient d’indigestion, les autres coulaient desjours fort désagréables (expression que me four-nit bien à propos le style moderne) :

Ils ne mouraient pas tous , mais tous étaient frappés

comme les animaux de La Fontaine : ce quevoyant, la plupart des nôtres prirent le parti des’accommoder aux usages du pays; mais ceux quin’ont pu s’y faire, et auxquels il faut encore dela croûte (vous me passez ces détails, puisquecharta non erubescit, selon Cicéron, qui en écri-vait de bonnes), ceux-là donc font venir deFrance des femmes et des boulangers. Yoilà com-ment et pourquoi madame M.... passa les Alpes.Sachez, Monsieur, que madame M.... est la femmed’un commissaire envoyé par le gouvernement àMalte, où il n’a pu aller; mais ce qu’il eût fait àMalte, il le fait ici, de même que sa femme, quiest sans contredit la plus jolie de toute l’armée.Tous deux écorchent l’italien, comme disait Ma-zarin, mais de différentes manières : ilia glubitmagnanimos Remi nepotes ; le mari est agent desfinances de l’armée française, charge de l’inven-tion de Bonaparte, mais changée depuis son rè-gne , en ce qu’elle dépend peu de ses successeurs,bien moins puissans que lui. La dame fut prise