Band 
Tome troisième.
Seite
33
JPEG-Download
 

33

ÉCRITES DE FRANCE ET D’iTALIE.

emporter et vendre, n’y font heui’eusement au-cune attention. D’ailleurs, les bas-reliefs dont elleest ornée sont hors de la portée du sabre, etpourront par conséquent être conservés. Il n’enest pas de même des sculptures de la villa Bor-ghèse, et de la villa Pamphili, qui présentent detous côtés des figures semblables au Deiphobus deVirgile. Je pleure encore un joli Hermès enfant,que j’avais vu dans son entier, vêtu et encapu- •chonné d’une peau de lion, et portant sur sonépaule une petite massue. C’était, comme vousvoyez, un Cupidon dérobant les armes d’Her-cule, morceau d’un travail exquis, et grec, si jene me trompe. Il n’en reste que la base, sur la-quelle j’ai écrit avec un crayon : Lugete , VeneresCupidinesque , et les morceaux dispersés qui fe-raient mourir de douleur Mengs et Winckelmann,s’ils avaient eu le malheur de vivre assez long-temps pour voir ce spectacle.

Tout ce qui était aux Chartreux, à la villaAlbani, chez les Farnese, les Onesti, au Mu-séum Clémentin , au Capitole, est emporté, pillé,perdu ou vendu. Les Anglais en ont eu leur part,et des commissaires français, soupçonnés de cecommerce, sont arrêtés ici. Mais cette affairen’aura pas de suite. Des soldats, qui sont entrésdans la bibliothèque du Vatican, ont détruit, en-tre aitres raretés, le fameux Térence du Bembo,manuscrit des plus estimés, pour avoir quelques

3

m.