Band 
Tome troisième.
Seite
46
JPEG-Download
 

46 LETTRES INÉDITES,

rais aux adeptes, s’il y en a en ce pays-ci, et ellepourrait aller plus loin, ou demeurer entre mesmains, selon que vous le jugeriez convenable.

Je suis tenté en vérité de vous féliciter de n’a-voir point obtenu cette place que vous deman-diez , et d’avoir malgré vous tout le temps devous livrer à des études qui vous font honneuret plaisir. Croyez-moi, Monsieur, tout le mondepeut être juge, administrateur, ou pis que cela;mais peu de gens peuvent, comme vous, êtrechargés de dévoiler et de rétablir dans leur pu-reté primitive ces beaux modèles de l’antiquité.Voilà l’emploi qui vous convient, et, encore uncoup,je me réjouis, pour vous et pour nous,quel’autre, quel qu’il pût être, vous ait échappé. Sipourtant vous en êtes fâché, il faudra bien queje le sois aussi.

Je n’espère pas pouvoir me rendre à Paris avantvendémiaire prochain, à moins de certains évè-nemens possibles, mais peu probables, qui meferaient changer de garnison. Mais si je vis dansquatre mois, je serai certainement à Paris, où legrand plaisir que je me promets, c’est de causeravec vous, Monsieur, et de rendre mes devoirs àmadame Clavier. Si je pouvais croire qu’elle pen-sât quelquefois à moi, je serais bien heureux;car il est doux de l’occuper, même de cent lieues.Je me prosterne aux pieds de madame de Vinche :sûrement elle ne pense plus au voyage de Saint-