ÉCRITES UE FRANCE F.T d’iTALIE. 14 1
Mais savez-vous ce qui m’arrive de ne plus rire?je deviens méchant. Imaginez un peu à quoi jepasse mon temps. Je rêve nuit et jour aux moyensde tuer des gens que je n’ai jamais vus, qui nem’ont fait ni bien ni mal ; cela n’est-il pas joli ?Ah! croyez-moi, cousine, la tristesse ne vaut rien.Reprenons notre ancienne allure; il n’y a debonnes gens que ceux qui rient. Rions toutes lesfois que l’occasion s’en présentera, ou même sansoccasion. Moi, quand je songe à votre enflure, àla mine que vous devez faire avec ce paquet, etsurtout à la manière dont cela vous est venu; mafoi, tout seul ici, j’éclate comme si vous étiez là.Il ne se donne pas un bal que vous n’enragiez,cela me réjouit encore plus.
Pendant que je vous fais ces lignes très-sensées,voici une drôle d’aventure; la maison tremble 1 ,un homme qui écrivait près de moi se sauve encriant ire moto ! moi je répète tremoto , c’est-à-dire tremblement de terre, et me sauve aussidans la cour. Là je vis bien que la secousse avaitété forte, ou sérieuse , comme vous diriez, cou-sine, ou conséquente , comme dit Voisard. Unbâtiment non achevé, dont le toit n’est pasencore couvert, semblait agité par le vent ; lacharpente remuait, craquait. La terre a souventici de ces petits frissons qui renverseraient une
A Sinopoli, près de Scyba, dans les premiers jours d’octobre.