ÉCRITES DE ERANCE ET o’iTALlE. l6l
Arnou, que j’ai vu à Naples, m’a donné de votresituation des nouvelles qui, à tout prendre, m’ontparu satisfaisantes. Avec de la santé, de la raisonet des amis éprouvés, ce que vous avez sauvédes griffes de la chicane vous doit suffire pourêtre heureuse. Je ne sais si vous avez besoinqu’on vous prêche cette philosophie; mais moi,qui n’ai pas trop à me louer de la fortune, je nevoudrais qu’être entre vous et madame Colins;je crois que nous trouverions pour rire d’aussibonnes raisons que jamais.
Dès à présent, si j’étais sûr que vous voulussiezvous divertir, je vous ferais mille contes extrava-gans, mais véritables, de ma vie et de mes aven-tures. J’en ai eu de toutes les espèces, et il ne memanque que de savoir en quelle disposition malettre vous trouvera pour vous envoyer un récit,triste ou gai, tragique, ou comique dont je seraisle héros. En un mot, madame , mon histoire(entendez ceci comme il faut) fait rire et pleurerà volonté. Vous m’en direz votre avis quelquejour; car je me flatte toujours de vous revoir,quoiqu’il ne faille pour cela rien moins qu’unaccord général de toutes les puissances de l’Eu-rope. Yous revoir, madame, vous, madame Au-debert, madame Colins , madame Saulty , et ceque j’ai pu connaître de votre aimable famille;cette idée, ou plutôt ce rêve, me console dans
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ni.