ÉCRITES DE FRANCE F. T D’ITALIE.
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LETTRE DE M. AKERBLAD A M. COURIER.
Florence, le 2 décembre 1808.
Hier nous avons fait la fameuse descente domi-ciliaire chez les bénédictins pour nous emparerde leurs manuscrits; mais ils nous ont prévenus,les gaillards! Yingt-six des plus précieux de cesmanuscrits ont disparu, et entre autres le beauPlutarque que nous avons vu ensemble, et quevous devez vous rappeler. Je n’en accuse pasl’abbé du couvent, mais le bibliothécaire ; ce pe-tit père Bigi, au regard faux, est, à n’en pas dou-ter, le voleur. Il dépend de nous deux de le fairependre : nous n’avons qu’à attester avoir vu en-tre ses mains un seul des manuscrits qui man-quent ; mais, je vous l’avoue, je suis bon chrétien,et je ne veux pas la mort du pécheur. D’ailleursil me semble cruel de perdre un pauvre diablepour avoir volé une vingtaine de bouquins qui,eussent-ils même été transportés à la bibliothèquede Saint-Laurent, y seraient sans doute restésvierges et intacts, comme ils l’ont été depuisdeux siècles dans celle des révérends pères. Aureste consolez-vous ; parmi les quatre-vingt-dixmanuscrits grecs qui sont restés, il y en a plu-