238 LETTRES INÉDITES,
Pour la traduction de votre Perspective', c’estmon affaire, et le titre de votre interprète meplaît et m’honore également. J’y avais déjà mis lamain, comme je crois vous l’avoir marqué, maisje ne sais si je pourrai retrouver dans une foulede papiers ce que j’en avais ébauché. Si cela s’estperdu, j’y ai peu de regrets; car à présent je suisconvaincu que pour faire cette version d’une ma-nière digne de vous, il faut que j’y travaille avecvous. C’est un bonheur que j’aurai, si Dieu mefait vivre, cet automne ; car voici mon plan pourl’année courante, sauf les évènemens. Je vais enFrance donner un coup d’œil à mes affaires; jepasserai là la saison des grandes chaleurs, et, audépart des hirondelles, le désir de vous voir etde vous traduire me fera repasser les monts e nonsentir l’affanno.
Je ne suis plus soldat. J’ai demandé d’abord ,mais je n’ai pu obtenir qu’on m’envoyât en Es-pagne; j’espérais voir en passantla fumée de machaumière. J’ai voulu depuis avoir un congépour des intérêts très-pressans, on me l’a refuséde même, et je donne ma démission. Je ne pou-vais guère, ce me semble, quitter de meilleuregrâce, ni plus à propos, un métier dans lequelil ne faut pas vieillir. Dès que les neiges des Alpesseront un peu fondues,je partirai pour Paris. Mais
1 Ouvrage de madame Dionigi sur la perspective, en italien.