a6o LETTRES INEDITES,
habitez; s’entend, je n’en regrette que vous, quiêtes purs si vous m’avez écrit.
Vous ferez bien parvenir, je crois, mes res-pects à madame de Salm, quelque part quellesoit. Je lui écrirais si j’osais, si je savais où adres-ser ma lettre. Je pensai fort à elle sur les bordsde ce lac de Zurich, où j’étais il n’y a pas huit jours :je pensai à elle d’une façon toute pastorale. Jeregardais les eaux du lac transparentes commele cristal; celles de la Limate en sortent et vontse jeter dans le Rhin : vous voyez comme mespensées, en suivant l’onde fugitive, allaient par-le Rhin à la Roër. Mais quel séjour pour uneMuse que le Rhin et la Roër! comment mettra-t-elle ces noms-là sur sa lyre? cela est fâcheux pources pauvres fleuves, on ne les chantera point enbeaux vers : on les abandonnera aux Ruache etaux Pinkerton. Que ne s’appelaient-ils Céphiseou Asopus ?
N’avez-vous jamais ouï parler du marquis Tac-coni, à Naples, grand-trésorier de la couronne,gr and amateur de livres, et mon grand ami, quel’on vient de mettre aux galères? il avait 100,000livres de rente, et il faisait de faux billets; c’étaitpour acheter des livres, et il ne lisait jamais. Sabibliothèque magnifique était plus à moi qu’à lui ;aussi suis-je fort fâché de son aventure. Tudieu,comme on traite la littérature en ce pays-là!L’autre roi fit pendre un jour toute son acadé-