Band 
Tome troisième.
Seite
267
JPEG-Download
 

ÉCRITES DE FRANCE ET Ij’lTALIE. 267

miennes, sa tête immobile sous ce panier, et moisi près... j’avais quelques droits, ce me semble;l’occasion même en est un. J’en usai discrète-ment. Maintenant, madame, si vous deman-dez ce que c’est que le château de Hapsbourg,en vérité je ne l’ai point vu, non que je n’y soisrevenu plus d’une fois. Je revins souvent au piedde ces tours, mais sans jamais voir ce que j’ycherchais.

Quand je m’aperçus que les feuilles se détachaientdes arbres, et que les hirondelles s’assemblaientpour partir, je coupai un bâton d’aubépineque je fis durcir au feu, et me mis en cheminvers l’Italie. Je fus deux jours dans les neiges,mourant de froid, car je n’avais pris aucune pré-caution; et je ne dégelai qu’à Bellinzona. Dieuet les chèvres de ces montagnes savent seuls paroù j’ai passé. Il ne faut pas parler là de routes.Mon guide portait mon bagage. Il n’y en eut ja-mais de plus léger, aussi pouvais-je à peine lesuivre. Ges montagnards ont des jambes qui nesont qu’à eux.

Mon dessein n’était pas de m’arrêter ici ; maisj’y ai trouvé un ami ‘, et cet ami-là est un hommequi a du savoir et du goût, deux choses rarementunies. Me voilà donc à Milan jusqu’à ce que lefroid m’en chasse. Je compte être à Florence dans

1 Lamberti.