2^6 LETTRES INÉDITES ,
Ce que vous m’en avez lu me parut très-bon, etce fut dans ces termes que j’en dis ma pensée àmadame Clavier d’abord, et depuis à d’autrespersonnes. Je ne suis point de ces gens qui
Trépignent de joie ou pleurent de tendresse
à la lecture d’un ouvrage : cela est très-bon, futmon premier mot ; le meilleur éloge est celuidont il n’y a rien à rabattre.
Ce que vous appelez un autre coup de tête, estl’action la plus sensée que j’aie faite en ma vie.Je me suis tiré heureusement d’un fort mauvaispas, d’une position détestable, où je me trouvaispar ma faute pour m’être sottement figuré que j’a-vais un ami, ne me souvenant pas que dès le tempsd’Aristote il n’y avait plus d’amis: w <p£Xe, où* èt’ d'n«ptXot. Celui-là, suivant l’usage, me sacrifiait pourune bagatelle, et me jetait dans un gouffre d’où jene serais jamais sorti. Comme soldat je ne pou-vais me plaindre; mon sort même faisait des ja-loux , et je m’en serais contenté si j’eusse étéParménion ; mais mon ambition était d’une es-pèce particulière, et ne tendait pas à vieillir
Dans les honneurs obscurs de quelque légion.
J’avais des projets dont le succès eût fait monmalheur. La fortune m’a mieux traité que je neméritais. Maintenant je suis heureux, nul homme