ÉCRITES I>E FRANCE ET u’iTALIE. 27 7
vivant ne l’est davantage, et peut-être aucun n’estaussi content ; je n’envie pas même les paysansque j’ai vus dans la Suisse : j’ai sur eux l’avantagede connaître mon bonheur. Ne me venez pointdire, attendons la fin; sauf le respect dû auxanciens, rien n’est plus faux que cette règle : lemal de demain ne m’ôtera jamais le bien d’aujour-d’hui. Enfin, si je n’atteins pas le rnentem sanamin corpore sano , j’eri approche du moins depuisun temps.
Madame de Sévigné est donc aux Rochers ; jeveux dire madame Clavier en Bretagne : je vousplains, son absence est pire que celle de toute autre.Présentez-lui, je vous prie, dans votre premièrelettre, mes très-humbles respects.
J’irais voir madame Dumoret, appuyé de votrerecommandation et d’un ancien souvenir qu’ellepeut avoir de moi, si j’étais homme à tenir table,à jouer, à prendre enfin un rôle dans ce qu’onappelle société ; mais Dieu ne m’a point fait pourcela. Les salons m’ennuient à mourir, et je leshais autant que les antichambres. Bref, je neveuxvoir que des amis ; car j’y crois encore en dépitde l’expérience et d’Aristote. Je n’en suis pasmoins obligé à votre bonne intention de m’avoirvoulu procurer une connaissance agréable.