ÉCRITES l)F. FRANCE ET d’iTALIF. 3^ 7
encore vrai que c’est pour cela précisément quenous sommes bien ensemble. Entendez ce motcomme il faut ; c’est-à-dire que nous causonsavec plaisir ensemble. Vous aimez la contradic-tion; vraiment vous n’ètes pas dégoûtée. C’est undes biens parmi tant d’autres qui manquent auxrois. Montaigne fait le conte de je ne sais quelgrand qui, fatigué de la complaisance et de l’éter-nelle approbation de son confident, lui dit unjour : « Pour Dieu, conteste-moi quelque choseafin que nous soyons deux! » J’en ai long à vousdire là - dessus quand nous nous reverrons,pourvu que vous preniez en main l’opinion con-traire.
Il ."est mort un homme de l’Institut. On m’aparlé de me présenter pour le remplacer. Je nepuis encore m’y résoudre. Je ne suis point du toutfait pour remplir un fauteuil, et par bonheur jeme trouve fort bien sur une escabelle. Il n’estpire compagnie, selon moi, qu’une compagniede gens de lettres; et puis leurs habits, leurs vi-sites, leurs cérémonies, tout cela me ferait creverde rire ; d’autres choses me feraient mal au cœur.Vous pensez peut-être que c’est *** qui veut mepousser là; point du tout ; il ne m’en dit mot, luiqui me tourmentait l’autre fois, vous vous ensouvenez. Il me fait la mine depuis quelquetemps. Je devine pourquoi ; il a tort. Mais dites-moi, madame, comment faisait mon père? Il