378 LETTRES INÉDITES,
avait des amis, et même il les garda jusqu’à la finde sa vie. On valait mieux alors.
Tout le monde ici lit la gazette et parle denouvelles. Je vois des gens qui suivent les arméessur la carte et ne les perdent non plus de vue ques’ils répondaient de l’évènement. Dieu me fait lagrâce d’être là-dessus d’une parfaite indifférence ;mais je crains que tout ce vacarme dont vous êtesplus près que nous, ne vous cause quelque in-quiétude et ne vous empêche de venir ici cet hiver
Trouvez bon, madame, que je me rappelle ausouvenir de M. le comte, et agréez l’assurance demon très-humble respect.
[ A.u mois de mars 1814, Courier, vivement affecté des évène-mens politiques auxquels il ne pouvait plus prendre part, projetaitde quitter Paris pour échapper à l’odieuse nécessité de voir partoutchez lui des figures russes et allemandes ; mais le hasard l’ayantrapproché d’une famille qu’il aimait, celle de M. Clavier, il s’avisade penser qu’il pourrait être heureux marié avec la fille aînée deson ami ; et cependant, un peu indécis de caractère, il voulait parcequ’il était amoureux, puis ne voulait plus craignant de perdre saliberté. Dans ces alternatives, ses parens ayant fait beaucoup pourle détourner, le mariage fut rompu. Mais au bout de deux joursCourier revint suppliant, obtint grâce , et le mariage fut conclu le12 mai, sans que Courier fût encore bien décidé sur ce qu’il vou-lait faire. La lettre qui suit est écrite pendant la rupture, et ex-prime le repentir auquel la famille Clavier céda.