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quelque jour. Je me promène, je vais courir auhaut et au loin, je revois les endroits où j’ai jouéà la fossette et au cerf volant : ces souvenirs mefont plaisir.
Je ne sais que te marquer encore : rien de ceque je vois ne t’est connu. Quand je te dirai quela petite Bourdon mourut il y a quelques mois,n’en seras-tu pas bien fâchée? C’était la fille duboulanger, jeune, fraîche et gentille, petiteblonde d’environ dix - neuf ans, mariée à unhomme de vingt-deux; cela devait être heureux.Point du tout : au bout de cinq ou six mois deménage il lui prend un chagrin. La voilà qui nedit mot et maigrit à vue d’œil. Et mère de l’in-terroger, et voisines de la tourmenter pour savoiroù le mal la tient. Qu’a-t-elle? rien. Que veut-elle?que lui manque-t-il? on ne sait. Elle languit etmeurt. Le mari n’en a cure ; et c’est là, dit-on, cequi l'a tuée. Il est le seul qui ne la regrette pas.
Mais M. de Ferrières regrette trop la sienne.C’est un gentilhomme que tu connais commeJean de Werth. Elle était jeune, belle et bonne.Elle lui laisse deux enfans. Il l’a tant soignée,tant veillée dans sa dernière maladie, et tantpleurée depuis, qu’il s’en va mourir, le pauvrehomme, à quarante-cinq ans. Ceci a l’air d’unconte inventé à la gloire des quadragénaires;mais demande au petit Gasnault, quand tu le
verras.