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Tome quatrième.
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A. MESSIEURS LES JUGES,

Je n’ai jamais plaidé, quoique possesseur deterre, et ne sais guère ce que c’est qu’on appelleprocès et chicane ; mais j’ai ouï dire des merveillesde l’habileté des avocats à obscurcir ce qui estclair, et à donner au tort l’apparence du droit.Ici, messieurs, je vous l’avoue, je suis curieux devoir comment on s’y prendra pour montrer queBourgeau a pu, avec justice, user et abuser dema propriété, couper dans mes bois cinq arpensnon vendus à lui, ni cédés en aucune façon, mais,au contraire, comme vous voyez, très-expressé-ment réservés; et, de la sorte, enfreindre laprincipale clause du contrat fait entre nous. J’aisouvent cherché en moi-même ce qu’il pourraitalléguer pour se justifier là-dessus. D’erreur, iln’y en saurait avoir, comme je l’ai dit en com-mençant; chaque coupe formant un carré dontles quatre angles sont marqués par des fossés debrisées (c’est ainsi qu’on les appelle), dans toutel’étendue de la forêt. De dire que ses trente ar-pens, mesure exprimée dans l’acte, lui devaientêtre complétés, j’ai déjà répondu à cela. Voudra-t-il arguer de ce qu’on n’a point fait de briséesd’un angle à l’autre de chacune des coupes ven-dues, pour en achever le tracé et déterminer lescôtés? Mais cela même est contre lui; car c’étaità lui d’exiger que ces brisées fussent faites, d’au-tant plus que, s’étant engagé à ne point anticipersur la coupe contiguë à celles qu’il exploitait, il