Band 
Tome quatrième.
Seite
87
JPEG-Download
 

A TOURS.

87

lui importait que cette coupe fût séparée des au-tres dans toute sa longueur par une ligne inva-riable. Cette raison d’ailleurs se pourrait écouter,s’il s’agissait entre nous de quelques arbres seu-lement, et d’une fausse direction dans la ligned’exploitation, qui, après tout, n’emporterait auplus que quelques pieds; mais c’est précisémentaux angles de la dernière coupe, là où les limitessont marquées par ces fossés de brisées, qu’il les apassés, non de quelques pieds, mais de cinquantepas. Tout cela est facile à voir sur le terrain.

Je ne puis donc imaginer ce qu’il dira poursa défense, et je ne conçois pas davantage com-ment une réserve si juste, et qui n’avait pas be-soin d’être exprimée, une clause si solennelle del’acte de vente, est tellement nulle à ses yeux,qu’il n’hésite pas à l’enfreindre. Que pensait-il?comment a-t-il pu se flatter que cette usurpation,pour ne pas dire le mot, n’aurait aucune suite, sice n’est qu’il me connaissait bon homme, igno-rant les affaires, et craignant surtout les procès. Ila cru, me prenant mon bien, ou que je n’enverrais rien, ou que je ne m’en plaindrais pas,ou que, me plaignant, je n’aurais pas la patiencede suivre l’affaire ; et il était fondé à le croire.Car, depuis vingt-cinq ans que je suis, aprèsmon père, propriétaire dans cette province, plu-sieurs m’ont fait tort dans mes biens en diversesmanières, quelques-uns même m’ont volé, tout