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Tome quatrième.
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DE LEQUITATION. 267

si l’on en vient corps à corps, on tire à soi sonadversaire, et on le repousse tout d’un coup;cela est fort propre à désarçonner; mais celuiqui se sent tiré, qu’il se serre sur l’autre, chevalcontre cheval, ce sera lui qui l’abattra bien plu-tôt qu’il ne tombera

1 Les chroniques de Sicile rapportent que le roi Richard Cœur-de-Lion étant à Messine, se promenait un jour à cheval avec quelques sei-gneurs de sa cour. Vint à passer un paysan qui menait un âne chargé decannes. Le roi et ses courtisans, «Par manière de jeu, dit le chroni-« queur. prenant de ces cannes, s’en portaient des bottes, comme si c’eus-« sent élé lances ou espadons, et les cannes rompues, ils en venaient aux« mains, se colletant, et tirant l’un l’autre à se désarçonner, et quand il«en tombait quelqu’un, c’étaient de grandes risées. Or il arriva que le«roi luttant avec Guillaume Desbarres, gentilhomme breton et vaillant«capitaine, la selle dudit roi tourna, et il tomba sous son cheval, et« ainsi porté par terre , il semblait vaincu , dont bien lui fâchait, et non« moins au brave capitaine, qui trop tard connut la folie que c’est de se« jouer à son maître; car le roi, plein de dépit, se remit en selle sans mot« dire, et jamais depuis ne lui voulut de bien. »

C’était là ce qu’on appelait ie jeu des cannes, fort en usage au com-mencement du quinzième siècle, comme on le voit par le conte du P'wvanoJrlotto , où il en est fait mention.

Au reste tous les exercices que recommande ici Xénophon se prati-quent en Orient. On peut voir ce que les voyageurs disent de la cavaleriedesSeykessi redoutée dans le nord de l’Asie. Dallowai, parlant des Turcs:« Us se livrent à une espèce d’exercice militaire appelé dijîrit. Deux ou« plusieurs combaîtans, sur des chevaux très-vifs, sont armés d’une ba-« guette blanche d’environ quatre pieds de long, qu'ils se lancent l’un à« l’autre avec une grande violence. L’adresse consiste à éviter le coup et à« poursuivre l’antagoniste dans sa retraite, à arrêter son cheval au galop ,« ou à se baisser assez sans quitter la selle pour ramasser le dijîrit à terre. »Cela se rapporte à ce que dit Pietro délia Valle qui compare aussi cetexercice à celui des cannes. « Fanno il giuoco delle canne, nel quale e per« passatempo e per insegnamento d’atteggiare à cavallo, con ccrti bastoni« corli, (in vece delle canne cbe noi usiamo,) che a chi colgono non de-