'JljÔ CONVKRSATIOM
l'homme aux dix louis a eu affaire à une mazette?— Ah ! voilà ce que c’est ! Dans vos guerres vousavez affaire à des mazettes qui vous laissent con-quérir des royaumes en quinze jours; et enquinze ans alors à peine gagnait-on quelqueplace. Qu’est-ce à dire, sinon qu’alors on se bat-tait, la partie se défendait? Alors étaient lesgrands joueurs, alors se faisaient les beaux coups.Si on perdait à Malplaquel, on prenait sa revan-che à Oudenarde. L’échec de Ramillies se répa-rait à Denain. C’était au plus hahile. Aujourd’huique voit-on? des marauds qui dépouillent quel-que enfant de famille.
« Il dit autre chose encore.... Yos courses deParis à Vienne... On abandonne plus tôt la capi-tale maintenant qu’alors on ne reculait un passur la frontière,... L’honneur en ce temps-là, au-jourd’hui le butin.... Et puis il ajouta, dont je mesouviens bien : Voulez-vous que je vous dise? Onpille, on massacre aujourd’hui, on ravage beau-coup plus qu’alors ; mais certainement on se batmoins.... Car la guerre, qui avait autrefois deuxparties, l’attaque et la défense, n’en a plus qu’unemaintenant; et s’il y eut jamais un art de s’égor-ger, la moitié en est perdue. —Assurément, ditla comtesse, ce n’est pas faute qu’on l’exerce. Pourmoi j’aurais cru tout le contraire; c’était l’art(jue j’imaginais.le plus perfectionné de nos jours.
«Mais, madame, dis-je, remarquez-vous qu’il