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CONVERSATION
Peut-être.—Quoi! vous en doutez? — Mais c’estqu’en effet il y a une grande différence. — Etquelle ? — Le maréchal est sûr de ne pouvoirfaire un tableau. Il n’a pas besoin d’essayer ; maismoi, je ne puis être sûr, avant d’en avoir faitl’épreuve, si je ne commanderais pas bien. —Pourquoi, dis-je, sauriez-vous moins que lui ceque vous pouvez faire , ou lui mieux que vous dequoi il est incapable? — Ah ! c’est qu’on n’a ja-mais vu un général peindre, au lieu qu’on a vucommander despeintres, et des gens d’autres pro-fessions, ou même sans profession , au-dessousdesquels je n’ai pas l’humilité de me placer, et jene crois pas qu’on soit tenu d’être si modeste.
« Tout de bon, dit madame d’Albany, vous vousmettriez demain à la tête d’une armée ? — Je n’i-rais pas, dit-il, m’offrir; mais si on m’en priait.
— Vous vous y prêteriez?-—Et comment rii’y re-fuser? j’aurai beau dire que je suis peintre, pau-vre diable, sachant dans mon métier peut-êtrequelque chose, hors de là quoi que ce soit, onme répondra que les princes qui ne savent riendu tout font ce qu’on exige de moi, et que ce quefait bien un prince, tout le monde le peut faire.Dire que je n’ai lu de ma vie une ligne de leurtactique, ni vu seulement la parade, mauvaiseexcuse que cela. Messieurs tels et tels, vivans oumorts depuis peu, sans en avoir plus de pratique,ni d’étude que vous, ont pris de ces commande-