DE BUFFON.
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sition, qu’ayant à célébrer un homme dont le nomn’est déjà que trop grand pour une voix telle quela mienne, je me trouve encore réduit à ne pou-voir louer en lui que ce qui est précisément au-dessus de tout éloge. Il faut cependant vous par-ler de son immortel ouvrage. Plus j’avance dansmon sujet, plus je sens que mon cœur se trou-ble. On ne puise pas sans pâlir à des sources siprofondes. Je fais de vains efforts pour me rassu-rer; et malgré la loi que je m’étais imposée, prèsde commencer un travail dont la pensée m’épou-vante, je ne puis m’empêcher de vous faire en-core souvenir de ma faiblesse et d’implorer votreindulgence.
Si je m’attachais à dépeindre ce magnifiquemonument sous les divers aspects qu’il peut pré-senter, et à faire admirer la supériorité du géniequi l’éleva dans chaque genre ou il a dû exceller,pour y réussir, ce discours non seulement excé-derait les justes bornes que vous lui prescrivez,mais aurait lui-même l’étendue d’un ouvrageconsidérable ; car il n’est point de connaissancedont l’esprit humain soit capable, point descience, d’art, de métier même, ni de profes-sion consacrée aux besoins ou aux agrémens dela vie, qui n’ait, avec cette vaste science que l’onnommeHistoire Naturelle, ou une liaison intime,ou quelque rapport sensible , et dont par consé-quent l’étude , plus ou moins approfondie, ne