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maîtres et amis, et je le fis avec un véritable plaisir, imagi-nant voir se renouveler en lui l’exemple de Xénophon, dePolybe et de Palmer, qui surent au milieu du bruit desarmes et des cris des combattons se livrer à l’élude pleinede charmes de la littérature , montrant ainsi que ce n’estpas sans naison que les anciens imaginèrent la fille de Jupi-ter en même temps guerrière et souveraine des arts et dessciences. Je le revis avec d’autant plus de joie que le génietutélaire qui veille sur les hommes studieux me le ramenaitsain et sauf des bords du Danube où l’avaient appelé la voixde l’honneur et le bruit de la guerre. Après les complimensréciproques, il me priu de la plus gracieuse manière deconduire son ami à la bibliothèque Laurentierme, pour ad-mirer tout ce qu’elle renferme de rare et de précieux ; car,ajoutait-il, quel regret n’emporterait-il pas si, ayant traversél’Athènes de l’Italie, il en était parti sans avoir rendu savisite et son hommage à un sanctuaire si fameux de la sa-vante antiquité! J’accueillis cette prière avec plaisir, etnous allâmes ensemble à la bibliothèque où tout ce qui mé-rite d’être vu fut mis sous les yeux des deux savans voya-geurs. Entre mille objets de conversation, M. Courier medemanda s’il existait quelque copie manuscrite de Longus ,parce que, disait-il, son intention était de publier le romande Daphnis et Chloë. Il désirait voir s’il y avait moyen deremplir la lacune qui se remarque dans le I er livre de cetauteur. A peine m’eut-il fait part de son intention, que,tout transporté , je lui indiquai le manuscrit de l’abbaye