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Tome premier.
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XI
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PREFACE.

X J

qu’eWcs m’6n\ paru avoir de plus connu ou de plusdigne de l’être, soit sous le rapport de VutiUte,soit sous un autre rapport quelconque.

Dans la botanique, trois systèmes principaux sesont partagé successivement l’alteution des sa-vants : celui de Tournefort , le plus ancien detous; celui de Linné , et celui de Jussieu»

Le système de Linné t qui considère principale-ment dans les plantes leurs organes générateursmâles et femelles , a été par cette raison appelé(Système sexuel. Si cette union de la fonction laplus importante de la plante, sa reproduction , ases autres caractères, le rend séduisant pour l’es*prit, il n’oflïc pas à l’imagination moins d’attraitet d’intérêt, parce que, rapprochant dans un pointaussi essentiel la nature végétante de la natureanimale, et fonde' sur l’amour, la plus poétiquedes passions, il peut se revêtir de toutes les cou-leurs dont cette passion est susceptible, s’embelliren quelque sorte de tout le charme qui lui estpropre ; témoin le joli poème des Amours desplantes , par l’Anglais Darwin , si agréablementtraduit par M. Dcleuzc; témoin encore des Lettressur la botanique , eu vers et en prose, publiées en1802 sans nom d’auteur , et attribuées à M# deMontbrison y ancien officier du génie militaire , etcMais peut-être d’un autre côté ce système, quel-que régulier qu’il soit dans son ensemble, n’est-ilpoint assez, naturel dans ses principes , assez faciledans ses applications? peut-être exige-t-il un exa-men des plantes trop miuutieux pour les simplesamateurs de la science, et qui même dans les ar-bres , leur devient presque impossible. En couse*quence, j’ai bien fait connaître sous leurs dénomi-nations respectives , les divisions et subdivisionsprincipales du système sexuel ; mais ce n'est pointà ce système que j’ai rapporté les caractères desplantes dont j’ai eu à faire mention.

Je n’ai pas rapporté davantage ces caractères ausystème de Jussieu, qui, bien plus conforme quecelui de Linné aux indications de la nature, a mé-rité justement le nom de Méthode naturelle , palequel il est spécialement désigné. Mais cette méthode est longue à apprendre , plus difficile encorà graver dans la mémoire; elle demande, surtoutpour la détermination des espèces, une habitaque tout le monde n’a pas, et plus d’attention qn’onue peut ou qu’on ne veut eu apporter. Elle estpar li bien plus convenable aux botanistes de pro-fession , qu’aux personnes qui ne cherchent à fairede cette étude qu’un objet d’amusement ou decuriosité , c’est-à-dire au très grand nombre decelles à qui ce Dictionnaire doit servir.

Je me suis donc borné pour la méthode naturelld a Jussieu, comme pour le système sexuel de Linné , ,a en donner la nomenclature générale, et tout auplus à en indiquer quelques familles, en ayantsoin, pour éviter toute confusion, de les désignercomme appartenant à cette même méthode*

Dans tout le re3te, j’ai cru devoir préférer,comme plus approprié à mes vues , le système deTournefort, \ c véritable créateur de la sciencebotanique, et qui, surpassé àses illustres successeurs^ a couseryé sut eux Vu-

vantage dé la Simplicité et de la clarté. Sa mé-thode , fondée sur la structure des fleurs et desfruits , né demande pour être saisie et appliquée ,contention pénible, in étude bien profonde. Lax is légère attention suffit pour reconnaître dausles classes la forme variée des corolles , ou l’ab-sence de quelqu’une des parties de la fleur; dansles genres, la structure du calice et du fruit; dansles espèces , la forme ou la disposition des feuil- 1les, etc. Linné , en ajoutant, d’après les décou-rtes nouvelles, un grand nombre de genres àceux de Tournefort, crut n’avoir rien de mieux àfaire pour l’avantage de la science, que d’adopterpleinement les caractères sur lesquels ces genresétaient établis, sans y introduire d’autres change-ments que ses additions (1) : comme/«mf/,(lt’ soncôté, par l’addition des familles naturelles de Tour-nefort, devenues en quelque sorte la base de la mé-thode naturellè, a rendu à ce botaniste célèbre unhommage qui honore e'galcment l’un et l’anlre.

Les termes de médecine, de chirurgie et d’ana-tomie ont été pris dans les meilleurs ouvrages. LeDictionnaire portatif de Lavoisier m’en a fourniun très grand nombre, auxquels j’ai eu soin d’a-jouter non seulement ceux que l’auteur avait puomettre à l’époque où il écrivait, mais encore lesmots de création plus récente, et notamment ceuxdont le docteur Pinel a, dans sa Nosographie phi-losophique, enrichi la langue médicale.

J’ai également, pour les mathématiques et lessciences qui en dépendent, pour la physique et sesdifférentes branches, puisé dans les sources tesplus accréditées, soit anciennes, soit modernes.Tels sont le Dictionnaire des mathématiques del’En-cyclopédie méthodique par cPAlembert , Bossu , LaLande , Condorcet, etc.‘, le Dictionnaire de marine ,qui fait partie du même ouvage; 1 *Histoire de l'as-tronomie par Bailly; les Traités d 1 astronomie dela Caille, La Lande, etc . ; les Eléments de lameme science par M. Biot; les Cours de physiquepubliés è diverses époques par Desagulicr, 3 Ius-schenbroeck , Dfollct, Sigaud de La Fond , et plusrécemment par M. Ilaüy; les Dictionnaires dePaulian, Jirisson, et celui surtout de M. Lîbes,le dernier et le plus complet de tous.

On voit par ces détails qu’il n’a pas tenu à moique les personnes qui voudront consulter, surces diverses matières, le nouveau Dictionnaire quej’ofïYe au public , ne soient parfaitement au cou-rant de la science.

Si mon plan m’a conduit ainsi â compléter ,autant que je l'ai pu, le vocabulaire des sciencesdont je viens de parler, et de plusieurs autres,e j on sent assez que je n’ai pas du m’occuper avecmoins d. exactitude et de soin de la littérature etde ses différentes parties, l’éloquence, la poésie,l’histoire, l’archéologie, etc. Je n’ai même crudevoir exclure, du moins entièrement, ni les termesde mythologie, dont quelques-uns m’ont paru , à

(1) Toumefortiussuis caracteribusstnpenda preestitit :cùm vero de in détecta sunt tôt tamqne invita et novagénéra ç nostrum erit ejus quidcvi principiis inheerere ,certains égards par | $ed ea augere novis tnvenlis , nt scientia accrescat»| Liimœus , Gênera pïaniarum , pr*faiio.