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Premier volume.
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PORTE PRINCIPALE DE MESSÈNE .

De toutes les ruines de l’ancienne Messène , les restes de cette porte sont, sans contredit, ce qui frappele plus d’étonnement. Le choix et le bel appareil des matériaux employés dans sa constructiondevaient la rendre indestructible; mais les lauriers et les lentisques , en poussant leurs branches vigou-reuses entre ces pierres, sont parvenus, à la longue, à les détacher, et même à les renversermalgré leur dimension extraordinaire.

L’endroit où elle a été élevée (voyez plan général, J) ne permet pas de douter que ce ne soitla porte qui conduisait à Mégalopolis du temps de Pausanias : on y voyait un Hermès , ouvrageathénien \ En dehors elle est flanquée de deux tours dont les soubassements qui existent encoresont de même dimension que ceux des autres tours de l’enceinte de Messène . Près de la pre-mière porte, à l’entrée d’une cour circulaire (voyez le plan, planche 4 1 2 )> se trouve de chaquecôté une niche. Dans les profils qui couronnent celle qui est à gauche, il existe encore une inscrip-tion du temps des Romains , qui doit avoir rapport a une restauration faite à la statueplacée dans cette niche (voyez planche 47)- De l’autre côté de la cour circulaire est une secondeporte % où se trouve encore aujourd’hui, et tombé seulement d’un côté, un grand linteau en pierre quifermait la partie supérieure de cette porte. A quelques pas au-delà, en descendant dans la ville, on trouveune partie de dallage en pierres oblongues qui formaient le pavement de la voie antique.

Des tenons réservés pour la pose des pierres pendant la construction, et qui se voient encore en plu-sieurs endroits, indiquent que cette porte n’a pas été entièrement achevée , et pourraient faire croire qu’onlà retrouve aujourd’hui presque dans l’état où elle a été laissée, si les tours qui sont auprès n’attestaient parleur entière conservation que la porte de Mégalopolis, vu son importance, a dû être terminée commeces tours, moins quelques parties de son ravalement.

Ce qui étonne surtout dans cette construction, c’est l’énorme pierre qui formait le linteau de laporte du côté de la ville (voyez planches 4^ et 45J, et qui se trouve aujourd’hui tombée d’un côté,et restée de l’autre presque en place. Au-dessous de cette pierre est le seuil de la porte sur lequel M. Gelldit avoir remarqué les traces des roues des chars qui entraient et sortaient de la ville, et il conclutd’après ces traces , qui indiquaient suivant lui le milieu de la porte, qu’une autre porte plus petite pourles piétons était à côté de cette première , et que l’une et l’autre étaient comprises sous la longueur dugrand linteau. Dans un ouvrage publié pour servir de supplément aux antiquités d’Athènes , M. Donaïdsonpartage en partie cette opinion, excepté qu’il admet trois ouvertures, et place sous le linteau deuxpoints d’appui intermédiaires ; il s’autorise pour cela de l’empreinte de l’un de ces deux points d’appuiqu’il dit exister sur la pierre qui forme le seuil.

Je regrette de ne pouvoir être de l’avis de ces savants voyageurs ; car je pense que si ces tracesavaient été faites par les roues des chars, elles seraient également marquées , au lieu qu’il n’y en a qu’unebien apparente, laquelle, suivant moi, était le canal pratiqué pour l’écoulement des eaux de la courdont il forme l’axe, ainsi que celui de la porte extérieure. Ce qui peut fortifier cette conjecture, c’est quela distance qui se trouve entre le montant encore en place qui porte le linteau d’un côté, et l’axe ducanal, fait la moitié de la longueur du linteau, moins ce qu’il faudrait pour la partie qui poserait sur cemontant. D’où je concluerais qu’une seule ouverture presque égale à celle d’entrée a existé,et non deux ou trois comme le pensent MM. Gell et Donaïdson. D’ailleurs, en examinant la ques-tion sous le rapport de la construction, on ne pourra supposer que l’on ait choisi une pierre d unedimension extraordinaire, et qui devait par conséquent avoir une destination spéciale, pour rendre lagrande dimension de cette pierre en quelque sorte inutile en la faisant supporter par des pointsd’appui, lesquels auraient donné le moyen de fermer le haut de chacune des ouvertures par des pierresde moindres longueurs, et par conséquent plus faciles à trouver et à transporter. On peut ajouter

1 Paus., liv. IY, chap. 33.

2 Suivant les auteurs anglais , cette porte était destinée à rece-voir l’affluence des chariots et des piétons qui devaient arriver

constamment par cette entrée principale de la ville, et la secondeporte, de l’autre côté de la cour, formait une seconde barrière qu’onpouvait opposer à l’ennemi qui aurait franchi la première.

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