Band 
Premier volume.
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48
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ROUTE DE FRANCO ECLISSIA A ARCADIA (CYPARISSIA).

N’ayant rien trouvé à Franco Eclissia qui pût y faire reconnaître l’existence d’une ville antique, et parconséquent rien qui pût soulever le voile qui cache encore la véritable position d’Andanie, et jugeantinutile de nous arrêter à des recherches qui sont plutôt du ressort des géographes et des archéologuesque du nôtre, nous partîmes pour Arcadia.

En se dirigeant au nord-ouest, vers une forêt de chênes, par laquelle la route est fort belle, on arriveauprès d’une rivière appelée le Coda, que l’on traverse à un endroit où était autrefois un kan (auberge).A gauche on remarque, sur une montagne, un ancien château fort d’un aspect imposant ; sans doutel’ancienne demeure de quelques-uns des chefs francs ou vénitiens qui furent pendant si long-tempsmaîtres du Péloponèse . La route continue toujours dans la forêt, au milieu de laquelle sont des champscultivés. En marchant toujours vers l’ouest, après avoir, passé sur deux petits ponts, on voit, à droite de laroute, presque à la cime d’une montagne, Agrilos, village considérable; et de chaque côté un autrevillage plus petit. On entre ensuite dans des défilés, et on traverse sur un beau pont en pierre le littrès-profond d’un torrent qui se jette près de là dans la rivière d’Arcadia. Les montagnes, qui, en cetendroit, se coupent en sens divers, et la grande élévation du pont au milieu de cette nature si variée,produisent un ensemble des plus pittoresques. La route, ensuite, longe la rivière d’Arcadia ; et après avoirmonté par un chemin très-rapide le long d’une gorge boisée, on découvre la mer et les îles Ioniennes, etderrière soi, dans le fond, les monts Ithome et Evan, et de la cime de la montagne on aperçoit Arcadia.Enfin, arrivé dans une plaine, après avoir passé, au milieu des lentisques et des oliviers, plusieurs ruisseauxqui 1 arrosent, on traverse la rivière appelée Kartela, et on monte ensuite jusqu’à Arcadia à travers leschamps d’oliviers qui entourent cette ville *.

* ROUTE DE FRANCO ECLISSIA A ARCADIA ( CYPARISSIA ).

A io minutes, à droite, une fontaine; à gauche, une chapelle ruinée. A a 5 m. une forêt. A 23 m. le Coda, rivière. A 4 o m. on traversele Coda. A 5 m. kan de Coda. A i 4 m. on traverse la rivière. An m. on passe à gué un bras de la rivière, auprès de quelques maisons. A21 m. on passe successivement sur deux petits ponts. A i 3 m., sur le flanc de la montagne, à droite, Agrilos, village. A 47 m. on entre dansles défilés. A 22 m. une rivière. A 20 m. beau pont en pierre. A 29 m. on passe à gué la rivière d’Arcadia; ensuite 011 monte. A 84 m.Kartela, autre rivière ; champ cultive sous des oliviers. A a 3 m., après avoir traversé plusieurs ruisseaux, on tourne pour monter à Arcadia.A 6 m. on entre dans la ville.

Total de la route, 6 heures 33 minutes.

ARCADIA (CYPARISSIES ou CYPARISSIA).

Strabon et Pausanias, qui disent fort peu de chose de Cyparissia , permettent de supposer que cetteville était peu importante dans l’antiquité; suivant le dernier, on y voyait un temple à Apollon et un autreà Minerve, dont il ne reste plus aujourd’hui la moindre trace. Il y avait aussi près de la mer une fontaineque Bacchus fit, dit-on, jaillir en frappant la terre de son thyrse ; c’est pourquoi elle se nomme Dionisiade 1 .Cette fontaine, qui a la forme d’un bassin carré, se retrouve encore aujourd’hui où l’indique le voyageurgrec. Elle est encore regardée comme sacrée à cause des vertus miraculeuses que les habitants attribuentà ses eaux.

Arcadia, qui sans nul doute est sur l’emplacement de Cyparissia , fut une des premières villes quitombèrent au pouvoir des croisés français commandés par Guillaume de Champlitte, qui la cédaen toute propriété à messire Geoffroy de Yille-Hardouin , baile de Morée, avant de s’en retourner enFrance 2 .

Cette ville, maintenant en ruine, est délicieusement située à mi-côte, et à peu de distance du rivagede la mer; elle est environnée de plantations d’oliviers, d’orangers, de mûriers et de grenadiers. Elle futlivrée au pillage et aux flammes par le fils du pacha d’Égypte : Ibrahim, dit Alexandre Soutzo, y massacrales femmes, les enfants et les vieillards 3 .

1 Pausan., liv. IV, chap. xxxvi.

2 Chronique de Morée , liv. II.

3 Alex. Soutzo , Rev. grecques, t. I, p. 362.