( 5 7 )
Pouqueville , Stanhope, Cokerell, Gell et Leak ; quelques-uns, ne pouvant résister à leurs inspirationspoétiques, prétendent avoir retrouvé des indices certains de tout ce qui devait avoir existé dans ces lieuxsi célèbres, et, trompés parleur imagination, ils trompent leurs lecteurs. M. Stanhope, qui nous a donnéun ouvrage très-exact sur la plaine d’Olympie , rectifie ces erreurs, et nous fait voir les choses telles qu’ellesétaient lors de son voyage, et à peu près telles que nous les avons trouvées. Les voyageurs Gell, Cokerell etLeak en ont aussi donné des descriptions fidèles et conformes à celle que nous allons donner à notre tour.
En suivant la route qui conduit de Pyrgos à Miraca, c’est-à-dire en remontant vers l’est, le long descoteaux sablonneux qui bordent la vallée de l’Alphée, après avoir traversé le lit encaissé du Cladée, danslequel se trouvent quelques grosses pierres provenant sans doute de monuments antiques, on reconnaîtà quelques ruines romaines en briques l’emplacement d’Olympie , le mont Cronius, au pied duquelétait l’Altis, dont nous avons reconnu la place par la découverte que nous y avons faite du fameux templede Jupiter Olympien, dont nous parlerons plus tard avec détails; à gauche de la route, dans la petitevallée qui forme un angle droit avec celle d’Olympie, au pied du mont Saturne , est une autre ruineromaine en briques formant une salle carrée, dont la voûte est tombée : à l’intérieur se voient encorequelques restes de stuc. (Voyez lettre F, pl. 58 , et le détail, pl. 60.) Plus loin et dans l’encaissement duCladée sont d’autres vestiges d’antiquités du même temps, mais dont on ne peut reconnaître la destina-tion, non plus que de celle dont nous avons parlé précédemment ; c’est là que M. Pouqueville dit avoir re-connu les restes d’un pont sur le Cladée. (Voyez G, pl. 58, et les détails, pl. 60. ) En revenant vers la rive del’Alphée, à droite de la route dePirgos, se voient deux autres ruines romaines aussi en briques etqui sont sans intérêt. (Pl. 58, J et K, et le détail de la plus importante de ces ruines, pl. 5g. ) Sur laroute même de Pirgos se voit maintenant une ruine du moyen âge, découverte par M. Dubois. (Voyez H,pl. 58, et le détail, pl. 6i.) C’est à quelques pas de là, vers l’est, que se trouvent les restes du temple deJupiter. (V oyez plan général D, et toutes les planches relatives à ce monument.) Un peu plu s loin et sur la droiteest encore une autre ruine romaine en briques, qui laisse reconnaître dans son plan une salle octogone, etencontre-bas, le long du terrain à pic qui entoure une plaine plus basse, sont attenantes à cette salle octo-gone cinq ou six petites salles carrées et parallèlement placées, que quelques auteurs ont désignées pourêtre les remises des cliars qui s’exercaient à la course dans l’hippodrome, lequel, suivant ces écrivains, estreconnaissable par le terrain à pic dont nous venons de parler et dont nous parlerons encore plus loin.
En continuant à suivre la route qui longe le pied des petits coteaux qui bordent la vallée, on trouve,près d’un bosquet où sont quelques oliviers sauvages, des tombeaux turcs. C’est près de là que le sentierse divise : en prenant celui de gauche, après avoir monté un petit coteau, on voit un ravin boisé oùcoule une petite rivière, près de laquelle se trouve une ruine d’aquéduc romain en briques et en blocage.Près de là en remontant le ruisseau, M. Poirot a trouvé un chapiteau dorique et diverses pierres auxquellesil n’a pu assigner ni nom ni époque. Après avoir traversé la rivière, on monte un autre coteau boisé, auhaut duquel est le village de Miraca, qui se compose de chaumières assez misérables : au milieu est unpirgo ou petit château turc, construit avec des pierres provenant du temple, mais qui, réduites en moellons,n’ont plus aucun caractère architectural.
En redescendant de Miraca, dans une direction du nord au sud, on arrive dans la vallée près del’embouchure de la petite rivière dans l’Alphée : c’est là que, suivant M. Pouqueville , devait se trouverl’ancienne Pise; mais après avoir cherché vainement quelques traces de l’existence passée de cette ville,nous redescendons dans la vallée, où nous retrouvons à peu de distance les tombeaux turcs ci-dessusindiqués, et un peu plus loin un petit coteau sablonneux sur lequel étaient nos tentes.
C’est après des courses plusieurs fois répétées dans la plaine d’Olympie , dans les vallons et sur lescoteaux qui l’environnent, et un séjour de six semaines, que nous nous sommes convaincus qu on cher-cherait vainement d’autres ruines que celles que nous indiquons dans notre plan.
Je regrette de ne pas partager l’opinion des auteurs qui pensent que le terrain coupé à pic ou en talus,dont j’ai parlé plus haut, est, malgré ses irrégularités, l’ancien hippodrome d’Olympie , et je suis davis quece terrain n’indique pas autre chose qu’un ancien lit de l’Alphée. Je ne puis non plus reconnaître, dans uneruine romaine où se trouve une salle octogone, des remises pour les chars, parce que cette construction(voyez N, pl. 58, et le détail, pl. 5g), trop mesquine pour l’importance des jeux Olympiques, n’a aucuneanalogie avec les carceri romains qui se trouvent au cirque de Caracalla à Rome , et à d’autres monu-ments destinés aux courses de chars. D’ailleurs, pendant le long séjour que nous avons fait à Olympie ,nous avons été à même d’observer tout ce qui reste sur ce sol célèbre, assez scrupuleusement pour être
2 9