convaincus que toutes les prétendues découvertes que certains auteurs disent avoir faites ne sont autrechose que le fruit de leur imagination ; il n’existe rien à Olympie que ce que nos dessins font connaître.Ainsi point d’apparence de théâtre, d’hippodrome, de stade, et de tant d’autres monuments qu’onprétend y avoir retrouvés. Par le plan général que nous donnons et où se trouve indiqué le cours def Alphée comme il était lors du voyage de Stanhope, et par comparaison son cours comme il est aujour-d’hui, on peut juger des variations qu’il a éprouvées dans un espace de peu d’années ; et lorsqu’on acru qu’un ancien lit de ce fleuve était l’emplacement de l’hippodrome, et qu’on en a même déterminéd’après cela la longueur, on s’est évidemment trompé; car si les auteurs qui donnent ces mesures, avaientétendu leurs observations à un mille au-delà des bornes qu’ils donnent à l’hippodrome d’Olympie , ilsauraient trouvé d’autres encaissements qui les auraient désabusés, puisque partout où l’Alphée couledans une plaine, il laisse des traces semblables à celles que nos auteurs indiquent comme des restesde ce monument.
Une autre observation qui vient détruire tout-à-fait ces suppositions, c’est que les fouilles que nousavons fait faire au temple de Jupiter Olympien, nous ont prouvé que le sol antique de la plaine était deio et 12 pieds en contre-bas du sol moderne, et que dans ce sol moderne, qui est un terrain d’alluvionsamenées par les eaux de l’Alphée, et descendues des montagnes sablonneuses qui environnent la vallée, onne doit pas chercher de traces de l’hippodrome et du stade, puisque ce terrain n’existait pas lorsqu’il yavait un stade et un hippodrome.
Il est donc constant, d’après ces observations qui reposent sur des faits matériels, que les cailloux etles sables venant des hautes montagnes et roulés par le cours torrentueux de f Alphée, opèrent chaqueannée un surhaussement dans son lit et dans toutes les vallées basses comme l’est celle d’Olympie , et quepour trouver les traces de l’hippodrome et du stade, il faudrait chercher au-dessous du sol moderneet à peu près au niveau des basses eaux du fleuve.
EXPLICATION DES PLANCHES.
Planche 56.
Plan général d’Olympie indiquant le cours de l’Alphée, comme il était lors du voyage de Stanhope, et comme il estaujourd’hui.
A. Rouphia (Alphée ), fleuve.
B. Stavro Kephali ( Cladée ), rivière.
D. Temple de Jupiter Olympien découvert par les mem-
bres des sections d’archéologie et d’architecture del’Expédition scientifique de Morée.
E. Diverses ruines romaines en briques.
F. Eglise du moyen âge , découverte par M. Dubois.
G. Ancien lit du fleuve indiqué à tort pour l’ancien hip-
podrome.
H. Cours de l’Alphée lors du voyage de Stanhope.
J. Route de Pyrgos à Caritène.
K. Route de Miraca.
L. Miraca.
M. Ruisseau de Miraca.
N. Tombeaux turcs.
O. Point d’où est prise la vue. (Voy. p. 57.)
P. Ruine d’un aquéduc romain.
Q. Route de Lala.
Planche 57.
Vue de la plaine d’Olympie , prise du point O du plan général. Au premier plan sont des débris de construction dumoyen âge; au second plan à droite, dans la plaine, se voient des tombeaux turcs;plus loin, le mont Saturne , au piedduquel est le temple de Jupiter ; à gauche le fleuve Alphée, et dans le fond les montagnes des environs de Pyrgos.