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Le plan que nous donnons offre en effet un temple entouré de colonnes en dehors, construit en tuf très-dur, très-poreux,et par conséquent très-propre à se lier avec le stuc dont il est recouvert. Les mesures que donne Pausanias sont en piedsgrecs de n pouces [\ lignes de notre pied. Si l’on réduit ces mesures en mesures françaises, on aura pour la lar-geur 89 p. 8° 8 ou 29 mètres 146 millimètres, et pour la longueur 217p. 2 0 8 ou 70 mètres 562 millimètres.
Or, en comparant les mesures de notre plan avec celles-ci, on verra que la différence qui s’y trouve est de si péu dechose qu’il ne sera pas possible de douter que ce monument ne soit le temple de Jupiter : on en sera d’autant plusconvaincu, que Pausanias, dans sa description d’Olympie , n’indique aucun monument dont les dimensions puissent àbeaucoup près approcher de celles de ce temple. Nous ferons ici une réflexion qui paraîtra peut-être superflue, c’est quel’auteur grec, qui n’était pas architecte, voyageait probablement sans les instruments nécessaires pour prendre des mesuresexactes, et que dans celles qu’il a prises, peut-être à la hâte, il a bien pu commettre quelque erreur. «.Il y a dans l’intérieur« du temple des colonnes qui soutiennent des portiques supérieurs par lesquels est une entrée qui conduit à la statue. Il
« y a aussi un escalier tournant pour monter sur le faîte 1 2 .toute la partie du pavé qui est devant la statue n’est point en
« marbre blanc, mais en marbre noir entouré d’un rebord en marbre de Paros , qui sert à contenir l’huile qu’on y verse;« l’huile en effet est nécessaire pour la conservation de la statue d’Olympie , elle empêche l’hümidité de l’Altis, qui est un« endroit marécageux, de gâter l’ivoire \ »
Nous avons trouvé en effet deux colonnes de la décoration intérieure du temple renversées : elles sont en pierre grisesemblable à celle des colonnes extérieures ; elles devaient être enduites de stuc, mais il n’y en avait plus de vestiges. Bien queleur état de ruine n’ait pas permis de les mesurer exactement, on a cependant pu reconnaître qu’elles étaient cannelées, etque leur diamètre de 1,100 donnait une hauteur convenable pour la combinaison de deux ordres l’un sur l’autre. Dansl’intérieur du temple, sous la seconde colonne renversée à peu près au fond du naos, à l’endi-oit où devait être lastatue, on a découvert beaucoup de débris de dalles en marbre noir de 0,100 d’épaisseur, qui formaient, sans doute, lapartie de pavement qui, suivant Pausanias , était devant la statue. Plus près de l’entrée du temple, on a trouvé une partiede dallage en pierre, qui formait le massif sur lequel était posé le dallage en marbre, indiqué dans la description : tout lereste du pavement intérieur de la cella était tellement ruiné qu’il nous a été impossible de reconnaître aucune trace delàdisposition des portiques qui en formaient la décoration.
Nos découvertes jusque-là ont été d’accord avec les indications de Pausanias ; mais ce que nous avons trouvé et qu’il asâns doute négligé d’indiquer, c’est un pavement sous le pronaos et sous le portique : il est composé de carreaux enmarbre blanc, et de compartiments en marbres de couleur, tels que cipolin, brèche violette et albâtre oriental. (Voyez plan-ches 63et64pour les détails). Il est cependant possible que ce pavement, qui est évidemment une restauration romaine,n’existât pas encore du temps de cet historien; mais ce qu’il aurait dû voir, c’est une mosaïque sur laquelle ce pavement estposé, et qui est bien certainement de l’origine du temple. Cette mosaïque, exécutée avec des cailloux de l’Alpliée d’environ0,020 cubes, se composait de compartiments dont le milieu, divisé en deux sujets d’une figure, représentait, l’un un Triton,et l’autre une Syrène. Ces deux sujets sont entourés de méandres et de palmettes; le tout d’un beau caractère et d’unebelle exécution. (Voyez planches 63 et 64.)
A droite sous le pronaos, dans la combinaison du pavement de marbre qui pose sur la mosaïque, on a trouvé un massifqui devait former le soubassement d’un piédestal ; il est posé sur la mosaïque : sa place et sa dimension ne permettent pasde douter que ce ne soit celui sur lequel étaient les chevaux de Cynisca : « Les offrandes qu’on conserve dans l’avant-« nef du temple sont d’abord le trône d’Arimnus, roi tyrrliénien, qui le premier d’entre les Barbares fît une offrande à« Jupiter Olympien; ensuite les chevaux de Cynisca, en bronze, monument delà victoire qu’elle remporta à Olympie . Ils« sont de grandeur naturelle ; on les voit à droite en entrant dans l’avant-nef. Il y a aussi un trépied, etc. 3 »
Renvois
A. Débris de dallage en marbre noir.
B. Colonnes renversées : on suppose qu’elles faisaient partie
de la décoration intérieure.
C. Pavement romain en marbre de diverses couleurs : il
recouvre une mosaïque grecque exécutée avec les cail-loux de l’Alphée.
Renvois indiquant les places où ont
a. Deux combattants dont l’un est armé d’un large bouclier,
et deux autres fragments du même bas-relief,aa. Fragment d’un pied d’une grande dimension.
b. Tête de cheval.
c. Tête de sanglier.
d. Tête d’homme avec la barbe en masse.
e. Extrémité d’un pied.
f. Jambe en deux parties.
g. Tête d’homme avec la barbe en masse, d’une conser-
vation parfaite.
h. Figure entière de femme assise : Minerve ou une nymphe.
du plan.
D. Mosaïque grossière, en cailloux de 0,020 d’épaisseur : il
est probable quelle régnait sous tout le portique dutemple.
E. Soubassement d’un piédestal en marbre blanc : sa dimen-
sion fait présumer qu’il supportait un monument con-sidérable , probablement les chevaux de Cynisca.
lté trouvés les fragments de sculpture.
i. Feuille de laurier en bronze.
j. Une main.
k. Hercule domptant un taureau.
l. Deux morceaux de serpent.
m. Un lion dompté, auquel tiennent une jambe, un pied
et une massue.
n. Trois morceaux de jambe de l’Hercule domptant un
taureau.
o. Face d’une tête de lion de la cimaise.
p. Profil d’une même tête de lion.
1 Pausan., liv. V, ch. x.
2 Pausan., liv. V, ch. xi.
3 Pausan., liv. V, ch. xn.
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