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Troisième volume.
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celui de la Fortune ; le Panthéon en était voisin : beaucoup de statues ornaient ces temples et la placepublique dominée par le temple d’Octavie, sœur d’Auguste . Des propylées se présentaient, au sortir dela place, par le chemin qui conduit à Léché. Un peu plus loin on arrivait à l’entrée de la fontainePyrène : elle était ornée de marbre blanc, l’eau en était très-bonne à boire, et l’airain qu’on y trempait,rougi au feu, acquérait une qualité qui le faisait rechercher sous le nom d’airain de Corinthe . Dansdivers endroits de la ville étaient construits des bains : les plus renommés étaient contigus au temple deNeptune. Euryclès, Spartiate, les avait bâtis et ornés de marbres de diverses espèces, et surtout de marbretiré des carrières de Crocées en Laconie. A droite de la route conduisant de la place publique à Sicyone ,était un temple à Apollon , et un peu plus loin, la fontaine de Glaucé, au-dessus de laquelle s’élevaitl’Odéon. Auprès, on remarquait le tombeau des enfants de Médée . Le temple de Minerve Chalinitisn’était pas loin de ce tombeau, et dans la direction du théâtre que dominait le temple de Jupiter Cori-phæus. L’ancien Gymnase et la fontaine de Lerne n’étaient pas très-éloignés du théâtre, et, près duGymnase, on voyait encore deux temples, dédiés, l’un à Jupiter , et l’autre à Esculape.

Sur le point le plus élevé de la ville, se retrouvent les ruines d’un temple : cinq colonnes de lafaçade postérieure restent encore debout, ainsi que deux de la partie latérale; presque toutes sont sur-montées de l’architrave; elles sont en pierre calcaire et étaient couvertes d’un stuc 1 * qui les revêt encoreen plusieurs endroits. Les proportions de ce temple sont lourdes, et son caractère a beaucoup d’analogieavec celui du grand temple de Pæstum . Les fûts des colonnes sont d’un seul morceau jusqu’aux filets dudessous des chapiteaux. Stuart % qui a donné une description des restes de ce temple, avait trouvé qua-torze colonnes debout lors de son voyage. Au-dessus, et près de la ville moderne, nous reconnûmes unreste d’amphithéâtre taillé dans le roc.

Ce n’était pas Corinthe ; c’était la place où fut autrefois cette ville opulente, c’étaient ses ruines quenous visitions : nous ne marchions que sur des décombres, et, au lieu de l’antique splendeur de sesmonuments actuellement détruits, s’offraient à nos yeux quelques maisons récemment réparées depuisla dernière guerre. Nous retrouvions des restes de plusieurs mosquées, des ruines de bains, de caves,de fontaines, et, au milieu de ces tristes débris d’architecture appartenant à des siècles différents, quel-ques ruines romaines en briques, et en si faible quantité, qu’on ne peut déterminer les monuments dontelles ont dû faire partie.

En descendant au N.-O. dans la plaine, nous remarquâmes une ruine romaine en briques, et à quel-ques pas plus loin, trois pierres calcaires disposées sur une même ligne : elles nous parurent être lapartie inférieure des colonnes d’un monument ; près de là étaient deux tambours de colonnes doriquescannelées, d’environ i mètre 80 centimètres de diamètre. Non loin de ces colonnes, en avançant au N.dans la plaine, on trouve au pied des rochers l’extrémité d’un aqueduc ou émissaire antique, lequel sertencore à conduire l’eau dans la plaine. En suivant la même direction nous découvrîmes, sous desrochers, des grottes d’où l’eau tombe comme de la pluie dans des réservoirs placés au-dessous. On voitdans le voisinage un rocher dans lequel est taillée une salle de forme carrée qui se divise en trois gale-ries parallèles ; des pierres posées à l’entrée nous semblèrent avoir servi à la décoration de ce monumentantique.

L’Acrocorinthe est le sommet d’une montagne qui domine Corinthe. A l’époque où écrivait Pausanias ,plusieurs temples existaient encore sur cette montagne : c’étaient ceux de la Nécessité et de la Force, dela mère des dieux, le temple des Parques, celui de Cérès et de sa fille, les temples de Junon Bunæa etde Vénus. Derrière ce dernier temple se trouvait une fontaine 3 qui tirait ses eaux de l’Asope, suivantles fictions des poètes.

Nous montâmes à l’Acrocorinthe par un chemin praticable pour les chevaux. Ayant obtenu la per-mission de visiter cette citadelle, nous fîmes le tour des remparts, bâtis à l’époque du moyen âge, etreposant en grande partie sur d’antiques murailles de constructions helléniques 4 . Cette place, qui estla barrière du Péloponèse , est très-grande et bien fortifiée. D’après notre guide, il s’y trouverait troiscents citernes dont l’eau serait excellente. Dans son enceinte elle renferme les ruines d’une ville qui

1 Ce stuc est appelé albarium opus par Yitruve, 1. 6, ch. VII; et tectorium opus par Cicéron , de Legibus, 1. II, ch. a6.

a Chap. X.

3 Pausanias , chap. I, II, III, IV et V.

4 Voyez le modèle aux Invalides .