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ROUTE DE PATRAS A PALÆOPOLIS.
Au S.-O. de Patras est une route qui côtoie le rivage de la mer; elle conduit à Palæopolis en passantpar un village appelé Ali-Tchéléby: nous primes cette route. A peine, en la suivant, a-t-on laissé derrièresoi les dernières maisons de Patras , qu’on aperçoit à gauche des bains turcs, l’église de Saint-André etle puits de Cérès. Le pays qui s’offre aux yeux est bien cultivé ; on y reconnaît quelques ruines romainesen briques. Après une marche d’environ trois heures, on traverse un fleuve assez considérable, le Mêlas,et on entre dans une riche vallée, entourée de coteaux en partie couverts de chênes; vers le sud sedéploie une belle ligne de montagnes. De là on arrive au khan ruiné de Cato-Achaïa, placé au milieude plantations d’oliviers et de peupliers. A cet endroit, la route tourne au S.-O. à travers une forêt dechênes ; sur la gauche se fait remarquer un monticule couvert de restes de constructions qui paraissentantiques; une petite rivière, bordée de lauriers-roses et d’arbustes variés, coule au pied du monticule.Le voyageur, en parcourant ce pays agréable où la culture exige de l’homme peu de travail, croiraitvisiter un parc. Au milieu de la contrée est situé Ali-Tchéléby, village composé d’une trentaine dechaumières, au centre desquelles on voit un pyrgos en ruine.
A la sortie d’Ali-Tchéléby, la route, en se dirigeant vers le sud, aboutit à une plaine immense; à droitesont les pêcheries de Cotiki. On passe le lit de plusieurs ruisseaux , deux petites rivières, et on laisse surla gauche deux monticules, peut-être d’anciens tumulus. Après avoir traversé un grand aqueduc enruine qui se trouve au village de Drégano, on marche parallèlement à cet aqueduc, et bientôt on descenddans la vallée où coule le Pénée ; ce fleuve est bordé de lauriers, de platanes et de roseaux. De l’autrecôté de ses rives, à l’entrée d’un village, la route prend la direction de l’E., et dès qu’on sort de cevillage, on est sur l’emplacement même de l’ancienne Elis, qui s’étendait jusqu’au lieu occupé actuelle-ment par Palæopolis*.
RUINES D’ÉLIS. - PALÆOPOLIS.
Elis renfermait encore, du temps de Pausanias , deux gymnases, plusieurs temples, un théâtre, desportiques et un édifice où se tissait le voile de Junon r . La ville s’élevait sur un terrain compris entrele Pénée et une montagne située au S. de ce fleuve; elle était défendue par une acropole construite surcette montagne, où l’on ne retrouve plus aujourd’hui aucune antiquité. L’emplacement même qu’oc-cupait Elis est couvert en partie de débris de terre cuite ; on y découvre plusieurs ruines romaines enbriques et quelques restes de constructions du temps du Bas-Empire : ces débris n’offrent point d’intérêt.
Pour nous guider dans nos recherches, nous avions les dessins de Stanhope; leur exactitude extrêmeque nous reconnûmes sur les lieux nous fit renoncer au projet d’exécuter un nouveau travail sur lesruines d’Elis, d’ailleurs peu intéressantes. C’est inutilement, en effet, qu’on cherche des traces de monu-ments grecs; ils ont tous disparu, et il ne reste pas même une pierre pour témoigner de leur existence:aussi pensons-nous que des fouilles tentées sur l’emplacement d’Élis seraient sans résultat. Le sol surlequel sont assises les fondations des monuments romains doit être à environ trois mètres au-dessous duniveau actuel du terrain, de sorte que celui des monuments grecs est, sinon plus bas, au moins à la
A 6 minutes de Patras , au S.-O., on voit une fontaine ruinée ; 6 m., à gauche, l’église de Saint-André et le puits de Cérès ; 9 ni., un tombeauturc; 35 m., on trouve, à gauche, des tuileries au milieu de marais; 37 m, > une ca ^ ane e *- une citerne , 23 m., a droite, un fragment deruine en blocage; 43 m.,à gauche, un fragment de ruine romaine en briques; 1 h. 28 m.,on traverse le fleuve Mêlas; 26 m., le khan ruinéde Cato-Achaïa ; i 3 m., à gauche, un monticule sur lequel paraissent être des restes de constructions antiques ; 1 h. 17 m., sur la gauche,Cournari, petit village ; 57 m., à droite, un tombeau turc; 45 m., Ali-Tchéléby, village; 1 h., sur la droite, la chapelle et le village deManolada; 1 h., on laisse à droite les pêcheries de Cotiki; 5 o m., une fontaine en ruine; 1 h. 3 i m., sur la gauche, deux petits mon-ticules, peut-être des tumulus; 1 h. 34 m., on traverse le Pénée; i 5 m., une ruine romaine en briques; i 5 m., sur le penchant dune mon-tagne, Palæopolis, village.
Total de la distance, 18 h. 10 m.
Pausanias , cliap. XXIII, XXIV, XXV, XXVI.
T. III.
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