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même profondeur ; dès lors il est facile de comprendre combien grands et hasardés seraient les sacrificesde temps et d’argent à faire pour opérer des fouilles dirigées sans indices et qui nécessiteraient des tran-chées de trois à quatre mètres de profondeur.
Palæopolis, village situé à l’E. des ruines d’Élis, occupe le penchant de la montagne, au pied de laquellese trouve un couvert d’arbres.
ROUTE DE PALÆOPOLIS A ARCADIA.
En partant de Palæopolis, nous primes la route au S.-O. et nous descendîmes dans une plaine oùse voient plusieurs tumulus; l’un d’eux venait d’être fouillé et contenait un cercueil en pierre. Adroite près de la route, est situé le hameau de Palæopolis, et plus loin, toujours sur la droite, levillage de Sosti. La route continue au travers de la plaine qui s’étend jusqu’aux bords de la mer; onremarque encore d’autres tumulus et un mausolée turc. Un village assez considérable, Kalitza, envi-ronné de plantations d’oliviers et de chênes, une rivière, la Cardama, un autre grand village, Derviche-Tchéléby, au milieu duquel sont plantés des mûriers et quelques cyprès, se rencontrent tour à tour surla route.
A une demi-heure de marche de Derviche-Tchéléby, on traverse un vallon arrosé par une rivièreque bordent des platanes et des arbrisseaux variés. Le pays devient montueux, il est entrecoupé devallons en partie remplis de buissons. On arrive ensuite au village de Missolongacio ou Missalonghi. Delà, on gagne une grande plaine cultivée ; à gauche de la plaine, commence une chaîne de montagnesqui renferment la vallée de l’Alphée; vers l’horizon paraissent les montagnes de l’Arcadie ; à droite, lecap Catacolo termine de ce côté le golfe d’Arcadia ou de Cyparissia , et vis-à-vis du cap s’élèvent les mon-tagnes de la Triphylie. Après avoir traversé deux petites rivières et quelques ruisseaux, on monte parune pente douce à Pyrgos.
Cette ville est située à peu de distance de la mer et construite sur un monticule ; toutes les maisons,bâties en terre et en bois, y sont entourées de jardins plantés d’oliviers, de mûriers et d’orangers,parmi lesquels croissent quelques cyprès. M. Pouqueville pense que Pyrgos est la Pylos d’Homère :quelques pans de murs antiques vus par cet écrivain viennent à l’appui de son opinion. Nous n’avonsdécouvert dans la ville aucune antiquité.
De Pyrgos, dont les environs sont plantés de vignes, nous partîmes pour Agolinitza, en prenant laroute au S.-E. Etant entrés dans une plaine, après avoir passé plusieurs ruisseaux, nous arrivâmes auxbords de l’Alphée , dont les poètes ont célébré le mélange des eaux avec celles de la fontaine Aréthuse.L’Alphée reçoit maintenant le nom d’Orphéa; ce fleuve prend sa source dans les montagnes de l’Arcadie et se jette dans les marais d’Agolinitza. Des rives de l’Alphée, nous nous rendîmes à Agolinitza, villageconsidérable placé sur le penchant d’une montagne : les arbres des jardins d’Agolinitza s’aperçoivententre les habitations et donnent au village un aspect assez pittoresque. A droite, sont les marais servantde pêcheries au milieu desquels l’Alphée a son embouchure.
En continuant la route, on parvient a un khan en ruine. Une vallée et de jolis coteaux couverts depins sont à gauche; à droite se groupe un bouquet de cyprès parmi des buissons, et au delà s’étendentdes marais : la vue est bornée par le mont Smyrne ; elle embrasse un bel ensemble de paysage.
Après trois quarts dheure de marche, nous reconnûmes un monticule sur lequel nous avions campéprécédemment en nous rendant à Olympie . Nous traversâmes ensuite une partie de forêt dont les arbresavaient été déracinés en grand nombre par la violence d’un orage récent, et quelques instants après,nous arrivâmes au camp de Saint-Isidore. ( Pour les détails de la route jusqu’au khan de Saint-Isidore,voir tome I er , page 53). Là, nous prîmes pour une nuit possession d’une maison qui nous avait déjàservi d’asile. Le lendemain, nous repartîmes en nous dirigeant au S.-E. A notre gauche s’étendaient desterrains cultivés, dominés dans l’éloignement par des montagnes presque entièrement couronnées depins : la mer était à noire droite et vis-à-vis de nous se voyait l’extrémité des montagnes de la Triphylie.
Laissant à droite le hameau de Gacovada, des champs cultivés et une grande ligne de pins le longde la mer, on pénètre dans une forêt de pins. Sur la gauche, à l’angle de la route de Strobitzi, s’élèveune tour. A ce point, nous revîmes un petit pont que nous avions déjà aperçu en allant à Olympie (voir tome i er , page 5i), et nous gagnâmes la ville d’Arcadia.