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Troisième volume.
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Après avoir passé devant deux kans, au sortir de la forêt, nous descendîmes par un chemin pavé,ayant, à notre droite, le village de Calcani qui se détachait sur la campagne de Pétalidi, et à notregauche, le lit d’un torrent. Plusieurs cours d’eau, deux fleuves, le Yélica et le Gigiori, furent successi-vement traversés avant notre arrivée à Nisi. (Voyez la description de cette ville, I er vol. pag. 18.)

La route qui conduit de Nisi à Calamata est à l’E. ; des haies de nopals en bordent les cotés. En lasuivant nous atteignîmes les rives du Pamisus et le village d’Asprocoma, placé sur une colline entouréede nopals. La route, continuant dans un bois d’oliviers, mène aux bords d’un torrent, de l’autre côtéduquel est la ville de Calamata, qui paraît avoir remplacé l’ancien bourg de Calamé dont Pausanias faitmention '.

Calamata est une ville petite mais bien bâtie. Des nopals et des oliviers ombragent ses maisons. Unecitadelle, dont la construction date du moyen âge, domine et défend la ville. On y trouve des jardinsplantés d’orangers ; on y voit aussi trois ou quatre petites églises, assez remarquables en ce que le stylede l’architecture qui les décore a de l’analogie avec celui de la renaissance en Italie . On prétend qu’à uneheure de Calamata, sur la route de Kitriœs, sont des bains romains. C’est en vain que nous les avonscherchés. Avant de visiter la ville, nous nous rendîmes chez un frère de Piètro bey, chef du Magne,afin d’avoir de lui quelques renseignements sur le pays dangereux dans lequel nous allions nous en-gager. Le bey nous fit un bon accueil, assura que nous voyagerions en sécurité, et nous donna unelettre pour un de ses frères qui se trouvait alors dans le Magne *.

ROUTE DE CALAMATA AU CAP MATAPAN (TÉNARE).

Une route bordée de haies de nopals et se dirigeant vers l’E. conduit de Calamata à Scardamoula.Le pays qui s’étend entre ces deux bourgs est arrosé par des ruisseaux et par des torrents, et entre-coupé de ravins. Après une demi-heure de marche environ, on arrive au pied d’une haute montagneentourée de terrains soutenus par de petits murs qui forment espaliers ; près de là s’élève une muraillede défense au devant d’un ravin profond; elle s’étend jusqu’à la partie inaccessible de la montagne.Jamais les Turcs n’ont franchi cette barrière, et dans une bataille qu’ils livrèrent en cet endroit contreles Maniâtes, ils perdirent trois mille hommes en très-peu de temps.

L’aspect du pays est sauvage : des ravins multipliés, des rochers couverts de buissons, des montagnespresque partout d’un difficile accès ne laissent à la culture que de rares espaces. Les habitants luttentcontre l’aridité du sol : ils recherchent la terre végétale, l’amassent et la transportent au pied desmontagnes, où ils l’accumulent et la soutiennent avec des murs de pierre. Us ne trouvent à l’aidede tant de travaux pénibles que des moyens de culture insuffisants. Aussi les habitations neparaissent-elles que de loin à loin et les villages sont-ils rares. Des châteaux forts, dont le caractèresévère semble être en harmonie avec l’âpreté de la campagne, arrêtent seuls l’attention du voyageur.

Quelque triste que soit l’aspect du pays, il est cependant un lieu qui offre de grandes beautésnaturelles. Cest un passage resserré entre des rochers baignés par un torrent, et sur le sommetdesquels selève une chapelle. Près de la on découvre un joli village, Cambos, renfermant plusieurséglises. Des cyprès entourent de leur feuillage les maisons et les églises. A droite, sur une montagne,on aperçoit un autre village, Varousa; il est défendu par un château dont les murs reposent sur lesrestes d’une enceinte de ville cyclopéenne.

Rien de remarquable jusqu’au bourg de Scardamoula, situé sur un rocher peu élevé. Les maisonsy sont bien bâties, et quelques-unes d’entre elles sont flanquées de tours crénelées ; à l’est de Scarda-

1 Pausanias, liv. IV, ch. XXXI.

* DISTANCE DE MODON A CALAMATA.

En quittant Modon à 35 minutes de marche vers l’E. on voit, à droite de la route, Gravatigni, village ruiné. A 27 m., on gagne le hautd’une montagne. A 45 m., on arrive dans une plaine; à gauche est une maison en ruine, à droite, sur un coteau, est situe le village deKinigon. A 33 m., restes de route pavée. A 27 m., on traverse un torrent. A 3o m., on parvient à la route de Navarin ; a gauche, dansl’éloignement, s’aperçoit une cascade : près de la route existe une partie de l’aqueduc de Navarin. A 3o m., on arrive a la fontaine Goubê,placée au pied du mont Pilaw. A 18 m., on traverse un torrent. A 57 m., une ruine moderne, sur la gauche dans la forêt de Goubê.A 3o m., un village ruiné et une citerne. A [\\ m., un kan. A [\o in., une descente pavée; à droite, sur une hauteur, Calcani , village,et au delà, la campagne de Pétalidi. A 38 m., une chapelle en ruine, sur la gauche. A 52 m., on traverse le Gigiori, fleuve. A 1 h. i3 m.,plaine immergée où l’on cultive le maïs. A 25 m., on traverse le village d’Asprocoma. A 5om., on entre à Calamata.

Total de la distance, 10 h. 5i m.

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T. III.