Band 
Troisième volume.
Seite
66
JPEG-Download
 

( 66 )

restent, quelques fragments de marbre, se voient au pied d’un monticule qui a probablement servide base à l’antique acropole d’Eleusis , et sur lequel s’élève la ville moderne qui occupe l’emplacementde l’ancienne. Les dernières guerres ont amené son entière destruction, et les ruines qui subsistentencore sont maintenant habitées par des troupes irrégulières grecques. Un soldat de cette garnisonnous servit d’escorte, et nous pûmes visiter avec sécurité les ruines d’Eleusis . Des parties de soubas-sement de monuments, des fragments de marbre de grande dimension chargés de moulures, despiédestaux romains portant des inscriptions, se remarquent encore dans la ville. Au N.-E. de l’acropole,sur le penchant du monticule, existent les ruines d’un grand monument de l’ordre ionique grec,dont on retrouve divers débris intéressants : ce sont des fûts de colonnes, des chapiteaux, des partiesde moulures, le tout d’un très-beau caractère. Au milieu de ces restes se reconnaissent ceux de deuxmonuments grecs de l’ordre ionique, de proportion différente, parmi lesquels on distingue une espècede grand médaillon, dont le centre est orné du buste colossal d’un guerrier cuirassé. La tête dubuste n’existe plus; quant à la sculpture, elle paraît romaine. Au nord de la ville, en suivant lestraces d’un aqueduc romain du temps de la décadence, on trouve un bas-relief dégradé représentant unefemme assise de grandeur naturelle, dont la tête a été brisée. Dans une plaine vers le N.-E. de laville s’élève une petite chapelle décorée intérieurement de deux colonnes égyptiennes en marbre,surmontées de chapiteaux à feuilles de palmier, et deux grands piédestaux circulaires portant desinscriptions romaines sont encore placés en avant de la porte d’entrée. L’acropole contient plusieursciternes, et est entourée des restes d’un mur d’enceinte. Au milieu d’une plaine qui s’étend vers leS.-E. d’Éleusis, et sur l’ancien emplacement de la ville basse, on marche sur des ruines romaines enbriques, et sur des amas de décombres qui proviennent sans doute de la destruction d un monument.On retrouve aussi, à une très-petite distance de l’acropole, les restes d’un port et d’une jetée antique.

Ayant quitté le port d’Eleusis , nous côtoyâmes les terres, et bientôt nous fûmes à la hauteur dela ville de Mégare . Elle n’est distante de la mer que d’une heure de marche environ. La ville moderne,toute ruinée et entièrement abandonnée, est bâtie sur un coteau au sommet duquel s’élève unetour dégradée. Vers l’E., au pied de la ville, on découvre les débris d’un monument antique enpierre, parmi lesquels on voit une espèce d’architrave avec inscription et divers fragments de petitescolonnes en marbre. En se rapprochant de la ville, on remarque un soubassement de piédestal romainassez beau. Au N., dans une plaine qui s’étend derrière la ville, existent encore quelques-unes des ca-banes qui ont servi de logement aux soldats de l’armée grecque régulière du camp de Mégare organiséepar le général Trézel. Au milieu des ruines modernes de la ville on retrouve aussi divers débrisantiques *.

En continuant à suivre la côte, nous parvînmes au port de Kalamaki. Le village qui reçoit le mêmenom se compose seulement de quelques cabanes. Il est situé sur une plage sablonneuse couverte de petitsbuissons et au pied de montagnes ombragées par de jeunes pins. Sa position en a fait le passageordinaire des voyageurs qui se rendent de Corinthe à Egine et dans les autres îles de l’Archipel . A trenteminutes de marche, dans la direction de Corinthe , on voit, sur la route qui y conduit, l’enceinted’une acropole, dont les murs, construits en pierre appareillée par assises, se lient d’un côté à unegrande muraille élevée suivant le même système, et qui traverse l’isthme le long d’un ravin.

Près de l’enceinte de l’acropole, à 10., nous visitâmes les restes d’un théâtre ou d’un amphithéâtredont la construction en blocage, formée de pierrailles, remonte au temps du Bas-Empire. Les muraillesde l’enceinte et celles qui traversent l’isthme datent de la même époque. Quelques fragments de colonnesappartenant à des monuments plus antiques sont épars çà et là parmi ces ruines. On montre dans lesenvirons le canal commencé par les Romains, et qui devait établir une communication entre le golfede Corinthe et celui d’Athènes . De chaque côté du canal on remarque un monticule formé des terresrapportées. Le fond de l’excavation est une roche de tuf assez facile à travailler ; une partie en a ététaillée et disposée, mais les travaux n’ont, pas eu de suite. Ce ne sont pas au surplus les difficultés quiont dû arrêter les Romains dans cette entreprise, à en juger par les immenses travaux qu’ils ont

DISTANCE Dü PORT A MEGARE.

A 17 . minutes, vers l’O., existe un monastère. A 28 ni., une grande citerne dans un bois d’oliviers. A 3 o m., vers la droite, sur uumonticule, des fragments de murs antiques. A 2 m., on arrive au bas de la ville de Mégare .total de la distance, 1 b. 11 m.