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Troisième volume.
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gulier Eurybate d’Argos, qui avait été vainqueur au pentathle, et letue 2 . Puis, quand vient la bataille de Platée, Sopbanès attache à laceinture de sa cuirasse une chaîne de cuivre à l’extrémité de laquelleest une ancre de fer. Toutes les fois qu’il s’approche des ennemis, il en-fonce son ancre en terre, afin qu’ils ne puissent pas l’ébranler en fon-dant sur lui; dès qu’ils s’enfuient, il la détache pour les poursuivre 3 .

Sa mort ne fut pas moins célèbre. Quelque temps après la bataillede Platée, chargé avec Léagrus, fds de Glaucon, du commandementde l’armée athénienne envoyée en Thrace, il fut tué à Datos par lesEdoniens en combattant pour les mines d’or 4 , et son nom occupait lesecond rang dans l’inscription dont on avait décoré le tombeau élevéà son armée sur le chemin qui conduisait d’Athènes à l’Académie 5 .

Comment se fait-il que Sophanès, bien digne sans doute d’êtreclassé parmi les héros athéniens, soit devenu en quelque sorte unobjet de culte dans l’île de Calaurie? A cette question on peut ré-pondre que, si la restitution des lignes 3 et 4 n’est pas démentie parune copie plus exacte du monument, Sopbanès avait rendu d’impor-tants services au temple de Neptune, en lui faisant restituer des fondsdont on l’avait probablement dépouillé; mais cette réponse ne s’ap-puie que sur une restitution contestable, et ne peut, par conséquent,suffire à résoudre la difficulté. Essayons d’en trouver un autre.

Calaurie, comme nous l’apprend Strabon 6 , était le centre d’uneamphictyonie de sept villes maritimes : TIermione, Épidaure, Égine ^Athènes, Prasies, Nauplie et Orchomène des Minyens 7 . Cette confédé-ration, suivant l’opinion deM.K. O. Muller 8 9 , adoptée parM. Boeckh »,et contredite par M. K. Fr. Hermann 10 , avait eu dans l’origine unbut politique, celui de résister aux attaques des Achéens et plus tards’était bornée à des rapports religieux.

Après les guerres médiques, où tant de gloire s’était rattachéau nom d’Athènes, et après la soumission d’Egine , qui lui assurapour longtemps l’empire de la mer, la ville de Minerve dut bientôtobtenir la prépondérance dans l’amphictyonie maritime de Calaurie,et l’on ne saurait s’étonner que ses grands hommes y soient devenusl’objet d’une vénération spéciale. Les exploits héroïques de Sopbanès,son noble dévouement dans la lutte de la Grèce contre l’invasiondes Perses, sa mort tragique chez un peuple barbare, tout dut appelersur lui l’intérêt; et si à sa brillante renommée se joignirent encoredes services rendus au sanctuaire de Neptune, on conçoit que lareconnaissance soit devenue facile et que ce vaillant guerrier ait eusa statue et son culte dans le temple où se réunissait l’amphictyoniedont sa patrie dut rester assez longtemps l’arbitre.

C’était, on n’en saurait douter d’après le mot âira<7[iv] et d’aprèstout l’ensemble du monument, c’était au nom de l’amphictyonie deCalaurie qu’avait été rendu le décret dont la copie de M. Yirlet nousoffre le dispositif. Persuadé que les délibérations des différentes am-phictyonies devaient offrir quelque analogie entre elles, j’ai cru pou-voir introduire aux lignes i et 2 la formule [ij/]a[<poiç xat;] è[vvo]p.oi;que M. Raoul Rochette 11 a le premier rétablie dans une inscriptionde Delphes 12 , et dont je retrouvais d’ailleurs quelques éléments.

Les formes doriques, qu’offre partout cette inscription, prouvent

2 VI, 92. Pausan. I, 29.

3 «Telle est, ajoute Hérodote (IX, ';3), la première manière de racontercette histoire, qui est contredite par la seconde; car on dit aussi qu’il portaitnon une ancre réelle de fer à la ceinture de sa cuirasse, mais la figure d’uneancre à son bouclier, qu’il tournait continuellement et sans jamais se reposer. »

4 Her. IX, 74-

5 Pausan., loc. cit.

6 VIII, 373. Cf. K. O. Muller, Æginet., p. 3a etsq.

7 Plus tard, Xauplie fut remplacée par Argos, et Prasies par Lacédémone .Strab. Ibid.

3 Op. cit. p. 36 et Orchomène , p. 80 et 9.38.

9 OEcon. polit, des Athen . , t. II, p. 368.

10 Lehrbuch der gr. Staatsalterlh. , § n, 7-

” Antiquités du Eosph., p. 167.

12 Corpuslnscr.gr., 1693.

,3 Voyez Larcher sur Ilérod. I, 216, t. I, p. 53g.

- 4 Her. VII, g3. Strab. XV, io65 B. Cf. Tacite , Ann. VU, 37. O11 retrouve le

sacrifice du cheval jusque dans l’Inde , où il remonte aux temps les plus reculés.

qu au temps ou l’amphictyonie de Calaurie fut fondée, l’élémentdorien y prédominait, et que même à l’époque où Athènes dut yjouir de la préséance, ce dialecte resta la langue officielle de la con-fédération.

La restauration de la première partie de la ligne 4 peut se jus-tifier par ce passage de l’inscription 2869 du Corpus : àvEVEÛtjaxot à KoCkcaoi eÔv). Quant à celle de la seconde, elle m’a été suggérée parquelques lettres, par la ligne 5 et par l’usage qu’avaient certainescontrées d’immoler des chevaux à Neptune l3 . Pourquoi le chevalimmolé par les Calauréates est-il un cheval de Lydie? C’est ce qu’onne saurait guère expliquer, surtout dans l’incertitude où l’on peutrester sur la restitution Xu^taxov. Tout ce qu’on peut dire à cet égard,c’est que les sacrifices de chevaux sont en Asie d’une haute antiquité' 4 ,que la Lydie produisait des chevaux en abondance l5 , et que ceschevaux devaient avoir une réputation méritée, puisque Crésus ,dans la bataille qu’il livra à Cyrus, fondait sur sa cavalerie l’espé-rance d’une victoire éclatante ,6 .

Le même doute s’étendra, jusqu’à des découvertes ultérieures, surl’impôt désigné par le mot [zsco'yaov et sur la fête de la dot, xàv tpepvav.Cette dernière restitution doit ne pas choquer si l’on se rappelle queDiane était, dans les temps les plus anciens, adorée en Arcadie sousle nom d’Tp.vla' 7 , épithète que M. K. O. Muller' 8 , quoi qu’en diseSiebelis ' 9 , a eu raison de prendre dans le sens de nuptiale.

On peut d’ailleurs comparer ce décret avec le petit nombre d’ins-criptions relatives aux mesures prescrites pour certaines fêtes, cer-tains sacrifices. Ainsi, au 11 0 2 ' 36 o du Corpus , lignes 4 et 5 , il estprescrit de donner au trésorier d’Iulis, dans l’île de Céos, i 5 odrachmes pour l’achat des victimes : xal ârotù&ovai x£, âpyovxt si;iepeta H M &payp.d; 2 °, d’immoler un bœuf ayant ses dents : Gustv

tov pia Pouv peêY/ixoxa xoù; ôàovxaç, etc. 2I . En outre, des magis-trats appelés tc poêouAoi, et dont les fonctions, dans cette circonstance,offrent de l’analogie avec les £77tpE>.7!xal de Calaurie, doivent s’as-surer si les victimes sont en bon état, Hox.iy.aÇuv xà ispeta xoùçTTpoêouXo'jç /.al tov xaptav /.al xoy z/épu/.a 22 .

Le sens que je donne au verbe /.aTaypv/raoÛai, in alios usus cou-ver ter e, est justifié par ce passage du n° 184 5 , iqG : FJ <îs xi; tûv£ 7 Uvo'pcov xwv Àpi< 7 xop.£V£oç v) YuD.a; TrpooTXTvfcat Et; alla ti xaxaypv)-Ovîpsv ri xaxaypvi'ffatxo xXka. mz. x. x.A. La même inscription, ligne 24,nous offre un exemple de la locution xoù; alpEÔsvxa;, qui d’ailleursprouve que la magistrature des siripsY/ixal n’était pas permanente,mais temporaire et bornée à une mission spéciale 23 , bien que dansd’autres localités, à Délos par exemple, du temps de la dominationathénienne, l’ÈTujxElnr/i; xr;; vécou 24 paraisse avoir été un magistratannuel, imposé par Athènes , de même que dans Xénophon 25 Der-cyllidas impose Dracon de Pellène comme smp-ETaix-r,; à la villed’Atarnée qu’il a prise d’assaut. Pollux 26 range l’ÈTxipceXeta parmi lesmagistratures dont il donne l’énumération dans son chapitre 7X£pl àpyîi;.

La formule w; ô'xt yaptscxaxa que notre inscription offre en deuxendroits 2 7 se présente, je crois, pour la première fois dans lalangue épigraphique.

Il était aussi connu des Scythes. Voyez Hérodote , IV, 62 et 72.

15 Her. 1,88.

16 Ibid. 90.

'7 Pausan., VIII, 5, 8 ; et x3, 1.

13 Die Dorier, t. I, p. 372.

19 Ad Paus., VIII, 5, 8, t. III, p. 219. —Dans la charmante histoire racontéelettre 10 du livre I d’Aristénète, c’est par Diane que Cydippejure d’épouser lejeune Aconce.

20 Au n° 3069, 25, c’est au moyen des intérêts d’un fonds de i5o drachmesque doivent avoir lieu les sacrifices des Attalistes.

21 Ligne 7. Voyez une semblable disposition, n° 2656, ligne i5.

22 Ligne 14.

23 Voyez Corp. Inscr. gr., 2789; 2981; 3o65, 34; 3067, 26.

24 Corp. Inscr.gr., 2286, 2287, 2288, 2293; 2298, 23o6.

25 Hellen. III, 2, 11. — Voyez encore l’inscription inédite publiée par Cou-sinéry dans son Voyage en Macédoine , t. I, p. 226.

26 VIII Segm. 84.

27 Lignes 11 et 14•

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•y, j n, - Inscriptions.