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Troisième volume.
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54
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INSCRIPTIONS COPIÉES EN ASIE MINEURE.

tt QO‘

SCIO.

i.

Inscription copiée dans l’île de Scio par M. Trézel, sur unepierre encastrée dans le mur du kiosque de Mecheley Pacha.

©E 0 A 0 T 02 OYISflY

Le second de ces noms a été évidemment mal transcrit; mais il estfort difficile de le rétablir. J’hésite entre <I>u[pxo]u, <J>u [g] t [xo [îi] ,

et $u[<j]t[Ç](d[w], Dans les deux premiers cas le second mot contien-drait le nom du père de ©eo&otoç ; dans le troisième, ce serait l’épi-thète d’une divinité à laquelle Théodote aurait fait une offrande,et cette divinité ne pourrait être autre que la Terre , Tti ou la GrandeDéesse L On sait que l’épithète de ^uci^oo; accompagne souvent dansHomère les mots yô et ata 2 .

SMYRiNE.

1 .

Inscription copiée par M. Trézel, sur une pierre servant demontant à une fontaine a Smyrne .

ENE THN

ÈveTÜv.

Offrande des Hénetes.

Les Hénètes ou Yénètes se croyaient, on le sait, les descendantsd’une peuplade paphlagonienne, qui, suivant une antique tradition,serait venue, conduite par Anténor, s’établir dans le nord de l’Italie ,sur le rivage de la mer Adriatique . Ils durent, à ce titre, entretenirdes relations avec l’Asie Mineure, et l’on ne doit pas s’étonner qu’untemple de Smyrne ait reçu leurs offrandes.

2 .

Inscription trouvée sur une colonne en marbre blanc dansune mosquée à Bournaba, près de Smyrne , et copiée parM. Trézel.

HMNH5 0E0NMEAHT APOT AMONT0N5HTH PAMOYPANT02 À3EAOIMOYKAIKAKOYP3EPAYM3ENOY

Cette inscription 11 ’est pas inédite. M. Le Chevalier l’a publiée dansson Voyage de la Troade , t. II, p. 1 34- La copie qu’il en donne pré-sente deux variantes seulement : ligne 1 , YMNHOEON , et ligne 2 ,20THPA. Ajoutons qu’il n’a pas reproduit la forme singulièredonnée par le lapicide à la- lettre E. Suivant ce célèbre voyageur,l’inscription est gravée sur une colonne enduite de vernis, circons-tance qui n’offre plus rien d’étonnant depuis que l’usage antique dela lithochromie a été attesté par tant de découvertes.

M. Le Chevalier voit dans notre monument une inscription rimée.

Sans doute on y rencontre le retour d’un même son aux deux pre-mières lignes et aux quatre dernières, mais que ce soient là des rimes,c’est ce qu’on ne saurait admettre 1 . Ce qu’on ne peut s’empêcherde reconnaître, c’est la prédominance du mètre ïambique, et l’on estconduit à disposer les six lignes de la manière suivante :

.ÛfTVÛ)

6eov MeXtitcc ■rcoTaf/.ov tqv awTVipa p.ou •iravToç Si XoijxoO xal xaxou •rcsTraujxévou,

X. T. X.

Je chante le fleuve-Dieu Mêles, mon sauveur; et délivré dela maladie et de mes souffrances , (je lui ai élevé cette statuecomme un témoignage de ma gratitude).

Mais de nombreuses objections se présentent contre cette conjec-ture. Dabord, il est peu vraisemblable que l’inscription n’ait pas com-mencé par le mot ûpü où u est rarement bref dans les poetes dupremier ordre 2 ; ensuite on 11 e rend pas compte du 5 qui suit ce motdans la copie de M. Trézel; enfin, ce qui est beaucoup plus grave, ona, dans le premier trimètre, un spondée au quatrième pied, ce quiest inadmissible. On lèvera toutes les-difficultés en retranchant le motPOTAMON ajouté vraisemblablement par un ignorant lapicide quivoulait ne laisser aucune incertitude sur le dieu auquel était consa-crée l’offrande. Par cette supposition que je crois très-probable, onobtient les deux vers ïambiques trimètres suivants :

T[AVü> < 7 S GeOV MéXïlTCC TOV CMTVipa [TOU •iravToç <iz Xoty.o'j zaî xaxo3 7t£7ïaup.evou,

X. T. X.

Le premier vers présentera encore une irrégularité, l’anapeste ausecond pied. Mais si cette licence est sans exemple dans les trimètresdes tragiques 3 , elle est assez fréquente dans ceux des comiques 4dont le style se rapproche beaucoup plus du langage de la con-versation.' Or, nos deux trimètres ne sont guère autre chose que dela prose métrique.

La beauté des eaux du Mêlés était célèbre, et on peut conclurede notre inscription et d’un passage de Pausanias 5 que les bainsqu’on y venait prendre étaient regardés comme salutaires.

Inscr. 1. — * Kal rî;ç, v jTSY“Xv)v Geov SvoixaÇouai. Paus. I, 3 19.

5 II. III, a /,3 ; XXI, 63 . Od. XI, 3 oo.

Inscr. 2. — 1 De pareilles assonances entre la fin de deux vers ïambiquesconsecutifs, se rencontrent chez les meilleurs poètes du grand siècle, notammentdans Eschyle . Yoy. 'Wellauer, Comment. JEsch., p. 6-16, et ad Choeph. 2 35 , 236 .Agamemn. 1240, 1241. Blomf. La rime de la césure avec la fin du vers est en-core plus fréquente. Choeph. Si, 192, 264,274, etc. Eumen. 2, 45 , 66 , 73, etc.

2 Porson ad Eurip. Med. 44 *- Matthiæ, Gr. gr. , 1 . 1 , p. 77, ed. II.

3 Porson, præf. ad Eur. Hec., p. v. Herm. ad Philoct. 771, 1272.

4 Hermann, Elementa doctrinœ metricce , p. 21, 97 et 126.

5 Vil, 5. v Ecm Si Tvjç XaXxéuiooç xaTXTEivûuaa h vo Tiü.y.yoç axpa, xal Iv aùr/iXouTpa BaXdcaaia, [raXia-ra tSÎv h ’lama XouTpîiv w'pïXipa àvÔpwîtotç. SixupvaloiçSI 7tOTa|xbç MsXiiç îlSwp lavl xaXXnjTov.