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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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8 GRANDEUR ET DECADENCE DES ROMAINS,

avec les Romains, elles avaient encore des rites communs ;et Servius Tullius 1 2 les avait engagées à faire bâtir untemple dans Rome, pour être le centre de l’union des deuxpeuples. Ayant perdu une grande bataille auprès du lac Ré-gille, elles furent soumises à une alliance et une société deguerres avec les Romains \

On vit manifestement, pendant le peu de temps quedura la tyrannie des décemvirs, à quel point l’agrandisse-ment de Rome dépendait de sa liberté. L’État sembla avoirperdu l’âme qui le faisait mouvoir 3 .

Il n’y eut plus dans la ville que deux sortes de gens :ceux qui souffraient la servitude, et ceux qui, pour leursintérêts particuliers, cherchaient à la faire souffrir. Lessénateurs se retirèrent de Rome comme d’une ville étran-gère ; et les peuples voisins ne trouvèrent de résistance nullepart.

Le sénat ayant eu le moyen de donner une paye auxsoldats, le siège de Yéies fut entrepris : il dura dix ans.On vit un nouvel art chez les Romains, et une autre ma-nière de faire la guerre ; leurs succès furent plus éclatants ;ils profitèrent mieux de leurs victoires, ils firent de plusgrandes conquêtes, ils envoyèrent plus de colonies ; enfinla prise de Véies fut une espèce de révolution.

Mais les travaux ne furent pas moindres. S’ils portè-rent de plus rudes coups aux Toscans, aux Èques et auxVolsques, cela même fit que les Latins et les Herniques,leurs alliés, qui avaient les mêmes armes et la mêmediscipline qu’eux, les abandonnèrent ; que des ligues se

1 Denys d’Halicarnasse, liv. IV.

2 Voyez dans Denys d’Halicarnasse, liv. VI, un des traités faits aveceux.

3 Sous prétexte de donner au peuple des lois écrites, ils se saisirent dugouvernement. Voyez Denys d’Halicarnasse, liv. XI.