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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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CHAPITRE V.

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tliaginols que de très-faibles secours, ne fit que témoigneraux Romains une mauvaise volonté inutile.

Lorsqu’on voit deux grands peuples se faire une guerrelongue et opiniâtre, c’est souvent une mauvaise politi-que de penser qu’on peut demeurer spectateur tranquille ;car celui des deux peuples qui est le vainqueur entre-prend d’abord de nouvelles guerres , et une nation de sol-dats va combattre contre des peuples qui ne sont que ci-toyens.

Ceci parut bien clairement dans ces temps-là; car lesRomains eurent à peine dompté les Carthaginois, qu’ilsattaquèrent de nouveaux peuples, et parurent dans toutela terre pour tout envahir.

Il n’y avait pour lors dans l’Orient que quatre puissan-ces capables de résister aux Romains : la Grèce, et lesroyaumes de Macédoine, de Syrie et d’Égypte. Il fautvoir quelle était la situation de ces deux premières puis-sances , parce que les Romains commencèrent par les sou-mettre.

Il y avait dans la Grèce trois peuples considérables : lesÉtoliens, les Àchaïens et les Réotiens : c’étaient des as-sociations de villes libres , qui avaient des assemblées gé-nérales et des magistrats communs. Les Étoliens étaientbelliqueux, hardis, téméraires, avides du gain, toujourslibres de leur parole et de leurs serments, enfin faisant laguerre sur la terre comme les pirates la font sur la mer.Les Achaïens étaient sans cesse fatigués par des voisinsou des défenseurs incommodes. Les Réotiens, les plusépais de tons les Grecs, prenaient le moins de part qu’ilspouvaient aux affaires générales : uniquement conduitspar le sentiment présent du bien et du mal, ils n’avaientpas assez d’esprit pour qu’il fût facile aux orateurs de les