CHAPITRE V.
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que encore aujourd’hui les hommes de ces contrées sontles meilleurs soldats de l’empire des Turcs.
La Grèce se maintenait par une espèce de balance : lesLacédémoniens étaient pour l’ordinaire alliés des Étoliens,et les Macédoniens l’étaient des Aehaïens. Mais, par l’ar-rivée des Romains, tout équilibre fut rompu.
Comme les rois de Macédoine ne pouvaient pas entrete-nir un grand nombre de troupes 1 , ïe moindre échec étaitde conséquence; d’ailleurs ils pouvaient difficilement s’a-grandir, parce que leurs desseins n’étant pas inconnus,on avait toujours les yeux ouverts sur leurs démarches ;et les succès qu’ils avaient dans les guerres entreprises pourleurs alliés étaient un mal que ces mêmes alliés cherchaientd’abord à réparer.
Mais les rois de Macédoine étaient ordinairement desprinces habiles. Leur monarchie n’était pas du nombre decelles qui vont par une espèce d’allure donnée dans lecommencement. Continuellement instruits par les périls etpar les affaires, embarrassés dans tous les démêlés desGrecs, il leur fallait gagner les principaux des villes,éblouir les peuples, et diviser ou réunir les intérêts ; enfinils étaient obligés de payer de leur personne à chaqueinstant.
Philippe, qui dans le commencement de son règne s’é-tait attiré l’amour et la confiance des Grecs par sa modé-ration, changea tout à coup ; il devint un cruel tyran dansun temps où il aurait dû être juste par politique et parambition 2 . Il voyait, quoique de loin, les Carthaginois etles Romains, dont les forces étaient immenses ; il avait fini
1 Voyez Plutarque, Vie de Flaminius.
2 Voyez, dans Polybe les injustices et les cruautés par lesquelles Phi-lippe se décrédita.