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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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52 GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMAINS,

le droit seulement, dans la main du prince : c’était toutle contraire chez les Romains.

CHAPITRE VII.

Comment Mithrklate put leur résister.

De tous les rois que les Romains attaquèrent, M'ithri-date seul se défendit avec courage, et les mit en péril.

La situation de ses États était admirable pour leur fairela guerre. Ils touchaient au pays inaccessible du Caucase,rempli de nations féroces dont on pouvait se servir; de làils s’étendaient sur la mer du Pont : Mithridate la couvraitde ses vaisseaux, et allait continuellement acheter de nou-velles armées de Scythes ; l’Asie était ouverte à ses inva-sions ; il était riche, parce que ses villes sur le Pont-Euxinfaisaient un commerce avantageux avec des nations moinsindustrieuses qu’elles.

Les proscriptions, dont la coutume commença dansces temps-là, obligèrent plusieurs Romains de quitter leurpatrie. Mithridate les reçut à bras ouverts ; il forma deslégions, où il les fit entrer, qui furent ses meilleures trou-pes r .

D’un autre côté, Rome, travaillée par ses dissensionsciviles, occupée de maux plus pressants, négligea les af-faires d’Asie, et laissa Mithridate suivre ses victoires, ourespirer après ses défaites.

Rien n’avait plus perdu la plupart des rois que le désir

1 Frontin , Stratagèmes , liv. II, dit qu’Arcbélaüs, lieutenant de Mi-Ihridate, combattant contre Sylla, mit au premier rang ses chariots àfaux ; au second, sa phalange ; au troisième , les auxiliaires armés à laromaine : Mixtis fugitivis Italien, quorum pervicaciœ multum fidebat .Mithridate lit même une alliance avecSertorius, Voyez aussi Plutarque,Vie de Lucullus.